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Augmentation du coût de la vie: quand mon salaire sera-t-il indexé?

Eglantine Nyssen
Eglantine Nyssen Journaliste au Vif

Les salaires des fonctionnaires connaîtront une nouvelle indexation de 2% en septembre. Qu’en est-il des autres travailleurs? Décodage.

En Belgique, lorsque les prix augmentent, les salaires suivent. C’est ce qu’on appelle l’indexation automatique des salaires. Le pouvoir d’achat des Belges est ainsi protégé. La Belgique est un des seuls pays, avec le Luxembourg, Malte et Chypre, à appliquer ce système.

En septembre, les salaires du secteur public seront indexés de 2% pour la cinquième fois cette année. Cela ne veut pas dire que tous les salaires en Belgique seront augmentés. Selon les secteurs, la hausse de salaire, qui se fait de façon automatique, a lieu au début du mois suivant, du trimestre suivant, voire au début de l’année suivante. « Chaque secteur a un mécanisme particulier pour indexer les salaires. Tout le monde n’indexe pas au même moment ni du même montant. Les fonctionnaires se basent sur l’indice pivot, une fois que ce-dernier est dépassé, leurs salaires sont indexés de 2%. C’est un pourcentage fixe. Ils savent donc de combien ils vont être augmentés, mais pas quand », explique Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx. « D’autres secteurs, la plupart en réalité, savent quand ils vont être indexés mais pas de combien. C’est soit le moment, soit le montant qui varie. La commission paritaire qui compte le plus d’employés en Belgique, la commission 200, n’est par exemple indexée qu’une fois par an. Au 1e janvier 2022, l’indexation était de 3,58%. Pour janvier 2023, elle sera nettement plus élevée. Selon les calculs de SD Worx, on sera aux alentours de 9,56%, avec une possibilité que cela varie encore. »

Selon les calculs du SPF Emploi, pour la majorité des travailleurs du secteur privé (51%), l’indexation a lieu à des moments fixes. 43% voient leur salaire augmenté lors du dépassement de l’indice pivot. Seize secteurs ne connaissent pas d’indexation des salaires réels mais uniquement des salaires minimums ou salaires barémiques au niveau sectoriel. Enfin, sept (sous-)secteurs n’accordent pas d’indexation au niveau sectoriel. « Il s’agit de niches particulières avec un lien avec les services publics. Dans ces cas, nous pouvons toutefois partir du principe qu’un système d’indexation a été mis en place au niveau de l’entreprise ou de l’institution », explique Anne-Cécile Wagner, porte-parole du SPF Emploi.

Qui gagne plus ?

Quel que soit le mécanisme mis en place par votre convention collective, l’augmentation sera importante et similaire. « Le pourcentage d’indexation devrait en effet globalement être le même pour tous les secteurs, on parle d’environ 14% sur deux ans, ce qui constitue aussi une forte augmentation des coûts salariaux pour les employeurs », confirme Jean-Luc Vannieuwenhuyse. Mais le travailleur ne verra pas chaque mois la différence. C’est le gros point noir de l’indexation annuelle, selon Els Vanderhaegen, coordinatrice légale de Securex. Alors que les fonctionnaires seront augmentés pour la cinquième fois (ce qui est plus que les années précédentes), certains travailleurs ne l’ont pas encore été. « Au final, il y a une sorte de rattrapage qui se fait. Le problème c’est que l’augmentation des prix est une réalité. C’est maintenant que les travailleurs ont besoin de l’indexation. »

Et moi ?

Comment savoir quand vous serez indexé ? Sur votre fiche de paie, vous trouverez la commission paritaire à laquelle vous appartenez. En tapant votre commission paritaire dans la barre de recherche de l’infographie, vous trouverez à quelle fréquence vous êtes indexé. L’indexation sur base de l’indice pivot se fait donc avec une fréquence variable.

Vous pouvez également vous renseignez sur ce qui se trouve dans votre convention collective auprès des ressources humaines de votre entreprise ou auprès des syndicats.

Vous pouvez aussi vérifier si votre salaire a bien été indexé sur votre fiche de paie.

Un coût pour les employeurs

L’indexation est instaurée pour conserver le pouvoir d’achat, mais cela a un coût pour l’employeur. Début juillet, la Fédération des entreprises belges (FEB) demandait une discussion autour d’un report partiel de l’indexation automatique des salaires. Sans aménagement de l’index, l’économie belge « va droit dans le mur », avait déclaré son patron, Pieter Timmermans. Selon Jean-Luc Vannieuwenhuyse, « la forte augmentation des coûts salariaux aura des conséquences négatives pour la compétitivité des entreprises belges ».

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