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Luxembourg: les banques y sont toujours privilégiées

Thierry Denoël
Thierry Denoël Journaliste au Vif/L'Express

Au Luxembourg, les bonnes petites affaires de la banque Barclays illustrent à quel point les banques profitent toujours des paradis fiscaux.

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En septembre dernier, l’Observatoire européen de la fiscalité, dirigé par l’économiste Gabriel Zucman, rapportait que les principales banques européennes profitaient largement des paradis fiscaux pour diminuer leurs impôts ( Le Vif du 6 septembre 2021). L’ étude révélait qu’un quart des bénéfices de ces institutions financières étaient comptabilisés dans des pays où le taux d’impôt effectif est inférieur à 15%, soulignant, par ailleurs, que la productivité des employés de ces entreprises qui travaillent dans ces pays est particulièrement élevée. Pas moins de dix-sept Etats étaient ainsi pointés par l’Observatoire, dont le Luxembourg.

Les choses ont-elles évolué depuis lors? Pas sûr, si l’on en croit la récente enquête du journal britannique The Guardian sur la banque Barclays. Selon ces révélations, cette dernière a évité de payer près de deux milliards de livres sterling d’impôts grâce à un arrangement légal mais controversé qui perdure depuis douze ans. Explication: en 2009, Barclays avait vendu une entreprise de gestion de fonds au groupe américain Blackrock, réalisant un bénéfice inattendu de plus de quinze milliards de dollars. Une bonne partie de ce bénéfice, soit neuf milliards en actions Blackrock – a été versé à une filiale de Barclays créée au Luxembourg.

Grâce à un arrangement controversé avec les autorités fiscales grand-ducales dont elle profite toujours, Barclays a bénéficié d’une quasi-exonération d’impôts sur ses bénéfices, ce qui lui a déjà fait gagner près de deux milliards de livres sterling. Il semble clair que la banque s’est installée au Luxembourg pour échapper à l’impôt, d’autant que seulement 54 personnes y travaillent, ce qui, comparé à ses 46 000 employés au Royaume-Uni, est fort peu alors que son bénéfice y est élevé. Cette incroyable productivité des employés est justement ce que dénonçait l’Observatoire de la fiscalité…

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