Les assurances voitures épargnées par l’inflation, les primes incendies augmentent

Alors que l’inflation touche l’ensemble des secteurs de notre pays, on peut se demander si les primes d’assurance seront-elles aussi concernées par une augmentation. Patrick Cowert, CEO de la Fédération des Courtiers en assurance de Belgique, fait le point sur la situation actuelle.

Depuis plusieurs mois, les prix de la vie sont en considérable augmentation. Selon Statbel, l’inflation selon l’indice des prix à la consommation (IPC) pour le mois d’août s’éleve à 9,9%. L’inflation a-t-elle un impact sur les tarifs des assurances ?

Les assurances voitures dans une situation stable

Concernant les assurances voitures, les chiffres sont plutôt stables. « L’inflation n’a actuellement pas d’impact sur les primes, explique Patrick Cauwert, CEO de la Fédération des Courtiers en assurance et intermédiaires financiers de Belgique. Il y a même des tarifs en baisse. Et c’est tant mieux : pour une fois qu’on a quelque chose qui n’augmente pas, soyons positifs.

D’après les chiffres d’Assuralia, la fédération qui représente le secteur de l’assurance, la prime moyenne (taxes comprises) pour la RC auto n’a pratiquement fait que diminuer depuis 17 ans. Elle s’élevait à 402,9 euros en 2005, et est aujourd’hui de 392,7 euros. Entre juillet 2017 et juillet 2022, le prix moyen des assurances voiture a diminué de 4,7 %, alors que l’inflation a progressé dans le même temps de 17 %.

Cela s’explique notamment par la concurrence : il y a beaucoup d’assureurs sur le marché, et les clients peuvent facilement changer. Dès lors, les compagnies ne sont pas incitées à augmenter leur prix. La baisse de sinistralité a aussi joué. « Le covid a eu un effet bénéfique sur la sinistralité, développe Patrick Cauwert. « Il y avait moins de circulation pendant cette période, et donc moins de sinistres. Globalement, la baisse d’activité économique entraîne généralement une baisse des primes d’assurance. »

Toutefois, il se pourrait que la situation ne reste pas aussi stable dans le futur. « En assurance, il y a un effet latent assez long« , nuance Patrick Cauwert. « Il faut attendre deux ou trois ans avant que les statistiques des coûts de la vie ne se fassent ressentir au niveau des primes. »

La valeur des bâtiments augmente, les primes aussi

Concernant les assurances incendies, celles-ci augmentent, et même fortement. Mais cela n’est pas directement dû à l’inflation, ni à l’indice des prix à la consommation. L’assurance logement dépend en effet de l’indice ABEX, qui représente l’évolution du prix de la construction. Celui-ci est calculé deux fois par an et varie en fonction du coût des matériaux, de la main-d’œuvre ainsi que de critères locaux.

Cet indice ABEX mis à jour au 1 juillet 2022, augmente de 8,7% par rapport à la même date l’an passé. La prime d’assurance incendie prévue pour les 6 prochains mois va donc augmenter considérablement. Il est intéressant de noter que l’indexation selon l’indice ABEX sera inférieure à l’indice des prix à la consommation, qui est de 9,9%.

Une hausse considérable, mais qui d’après les assureurs, est nécessaire pour protéger convenablement les clients. « Ce n’est toutefois pas une indexation dans le vide« , explique Patrick Cauwert. « Si on annexe la prime, on annexe aussi la valeur du bâtiment, il y a une valeur en plus. Aujourd’hui, si une maison brûle, on en payera une nouvelle en fonction des prix actuels plutôt que selon des prix minorés. »


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