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Des manifestants dénoncent la fermeture de Tihange 2, parmi eux De Wever et Marghem

Le réacteur nucléaire de Tihange 2 sera définitivement mis à l’arrêt ce mardi soir, après pile 40 ans de service. Une fermeture que dénoncent des manifestants.  

Une centaine de manifestants ont pris position, mardi matin, sur la rive gauche de la Meuse, face à la centrale nucléaire de Tihange, pour dénoncer la mise à l’arrêt définitive de l’un de ses réacteurs mardi soir. Parmi eux figurent le président de la N-VA Bart De Wever ainsi que les députés Theo Francken (N-VA) et Marie Christine Marghem (MR), qui furent collègues au sein du gouvernement Michel (Suédoise).

« A Tihange, avec les citoyens et d’autres représentants politiques de la N-VA qui manifestent pour le maintien de notre parc nucléaire pour assurer en Belgique une électricité dense, économique et pauvre en C02 ainsi que notre indépendance énergétique », a tweeté Mme Marghem.

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La manifestation symbolique et pacifique est organisée par le groupement citoyen « Stand up for nuclear ».

La centrale, fermée définitivement à 23h59

Conformément à la loi sur la sortie du nucléaire, la centrale nucléaire de Tihange 2, d’une puissance de 900 MW, sera donc définitivement déconnectée du réseau le 31 janvier à 23h59, après 40 années de production d’électricité « en toute sûreté », insiste Antoine Assice, le directeur des différentes centrales de Tihange. Elle était en effet entrée en fonction le 1er février 1983 et a, depuis, produit 270 milliards de KWh, soit trois fois la consommation annuelle de toute la Belgique.

   Il s’agit du deuxième réacteur mis à l’arrêt, après Doel 3 en septembre dernier -là aussi après 40 ans de service-, et du premier à l’être en Wallonie.

   Une centaine de personnes travaillent sur le site de Tihange 2 et chacun d’eux aura une nouvelle fonction à l’issue de la fermeture, souligne Antoine Assice. Certains resteront ainsi actifs sur ce réacteur dans le cadre des opérations de mise à l’arrêt définitif en toute sûreté puis de démantèlement. D’autres iront travailler sur les centrales de Tihange 1, qui sera déconnectée à son tour le 1er octobre 2025, et de Tihange 3, qui devrait voir sa durée de vie prolongée de 10 ans, ou encore dans d’autres services. « Il n’y aura aucune perte d’emploi », assure-t-on chez Engie Electrabel.

   Ce dernier se dit très fier des équipes de Tihange 2, qui ont produit de l’électricité pendant 40 ans « en toute sûreté et avec respect pour l’environnement ». Il salue des travailleurs qui sont restés et resteront professionnels jusqu’au bout. « Ils sont émus, ils ont la machine dans les tripes, mais, dans le même temps, ils ont la sûreté nucléaire dans la tête. »

   Engie Electrabel aura d’ailleurs besoin de l’ensemble des équipes de Tihange 2 pour leur expérience et leurs connaissances, répète-t-il. D’une part pour la mise à l’arrêt définitif, pour laquelle leurs compétences actuelles sont « parfaites » puisqu’ils arrêtent déjà parfois la centrale dans le cadre d’opérations de maintenance, fait remarquer le directeur de la centrale. Mais aussi dans le cadre du démantèlement, qui nécessite une transformation des compétences. Engie Electrabel prévoit d’ailleurs un important volume de formations pour ceux qui veulent changer de métier.

L’entreprise a chiffré le démantèlement et le déclassement de Tihange 2 à environ un milliard d’euros, provenant des provisions qu’il a constituées. Un montant total de 6,3 milliards d’euros est prévu pour le démantèlement des sept réacteurs de Doel et de Tihange.

   Après Tihange 2, c’est la centrale de Doel 1 qui suivra, en février 2025. Puis viendra le tour de Tihange 1, qui devrait bien fermer ses portes en octobre 2025, toujours en application de la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Son éventuelle prolongation n’est pas sur la table des discussions entre son exploitant et l’Etat belge et n’est donc pas à l’ordre du jour, ponctue Antoine Assice.

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