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Des centaines d’euros d’économies: pourquoi les Belges se ruent dans les supermarchés français

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

L’inflation actuelle pousse de nombreux Belges à traverser la frontière. En France, faire les courses dans les grands supermarchés et le plein d’essence est bien moins onéreux que dans notre pays.

En raison de la hausse des prix du carburant et des produits de consommation courante, de plus en plus de Belges traversent la frontière française, où il est encore possible de faire de bonnes affaires dans les grands supermarchés.

De plus en plus de grands supermarchés frontaliers français constatent une affluence anormalement élevée, ces derniers temps. Et pour cause, de plus en plus de Belges traversent la frontière pour y faire leurs courses.

La France est le pays européen le plus à la traîne en matière d’inflation. En août, elle a même baissé à 5,8 % selon les chiffres de l’Insee. Les Français peuvent remercier leur gouvernement, qui a décidé d’absorber une partie du choc financier grâce au « bouclier tarifaire », qui permet de bloquer les prix de l’électricité et du gaz. Si l’on compare un caddie plein en France ou un caddie plein en Belgique, où l’inflation est de 10,5 %, ce dernier sera largement plus cher.

Quels sont les produits principaux qui valent le déplacement ? Les bouteilles d’eau, les boissons gazeuses, le vin et les produit ménagers se retrouvent souvent dans les caddies des belges frontaliers. Mais pas que : chips, biscuits, pâtes, huile et papier toilette sont également fort prisés. La comparaison n’est pas très compliquée : presque tous les moins produits sont moins chers chez nos voisins du sud. Pour des grosses courses, faire une demi-heure de route reste avantageux financièrement, même en tenant compte du coût de carburant dépensé.

Supermarchés: promotions et concurrence

En France, le marché est très concurrentiel. Beaucoup plus qu’en Belgique. Les promotions sont légion et les grandes enseignes se livrent une véritable bataille à la ristourne.

Un jour après l’annonce de Carrefour de geler le prix de 100 produits pendant 100 jours, Lidl est passé à la contre-attaque en offrant aux clients une réduction de 5 % sur l’ensemble de leur panier, un jour par mois. Le leader du marché, E.Leclerc, n’est pas en reste et a étendu son action anti-inflation, selon laquelle il alimente la carte de fidélité de ses clients avec la différence en cas d’augmentation des prix. Ainsi, tous les supermarchés ont lancé une campagne promettant d’aider les Français à traverser la crise.

Un exemple : en Belgique, six bouteilles d’eau coûteront en moyenne pour 5,60 euros. En France, pour le même prix, il est possible d’en acheter jusqu’à 18. Pour d’autres produits, c’est tout aussi flagrant : en France, le détergent coûte le quart du prix belge. Pour un kilo de beurre en Belgique, comptez 12 euros, pour 8 euros en France. Et les exemples peuvent être démultipliés pour pratiquement tous les produits de consommation courante.

Certains Belges n’hésitent dès lors pas à réaliser des gros stocks pour les produits non-périssables, afin de rentabiliser encore un peu plus le déplacement. Certains s’y prennent même en plusieurs temps : un caddie pour l’eau, et aller-retour à la voiture, et une autre séance de courses pour les pâtes. En grande quantité, les économies peuvent atteindre des centaines d’euros.

Faire le plein aux frais du gouvernement français

Les Belges ne viennent pas seulement en France pour remplir leur caddie alimentaire. De nombreuses voitures belge font également la queue aux stations-service françaises. La raison ? Le gouvernement français a augmenté sa contribution initiale de 18 centimes d’euro par litre à 30 centimes d’euro. A la pompe, la différence de prix avec la Belgique est notable.

Un rabais très coûteux pour les finances publiques françaises : il se chiffre déjà à 4,5 milliards d’euros.

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