Lors de la présentation des têtes de liste pour l'arrondissement électoral de Charleroi, le président du PP, Mischaël Modrikamen, avait rappelé que son parti n'était pas d'extrême droite. "Notre parti n'est ni raciste, ni xénophobe. Nous comptons des juifs et des arabo-musulmans dans nos rangs", avait-il expliqué.

Vous détestez le PP ? Voici comment lui nuire le plus efficacement possible le 26 mai prochain

Nicolas De Decker
Nicolas De Decker Journaliste au Vif

Beaucoup des gens qui nourrissent pour le parti de Mischaël Modrikamen une puissante aversion l’alimentent de raisons personnelles. L’histoire du Parti populaire, fondé en 2009, égrène en effet ralliements fracassants et expulsions violentes, souvent suivies de la fondation de formations concurrentes.

Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: le PP.

Laurent Louis, oubliable député fédéral, avait quitté le PP pour fonder le Mouvement libéral démocrate, puis rejoindre le parti Islam, puis lancer Debout les Belges, qui périclita. Elu député wallon en 2014, André-Pierre Puget avait quitté le PP pour rejoindre la Droite citoyenne d’Aldo Mungo, qu’il avait quittée pour fonder le mouvement J’existe. Il concourra, comme beaucoup d’autres déçus du PP, sur les Listes Destexhe du sénateur éponyme.

Celles-ci seront un concurrent mortel, à la droite du MR, pour Mischaël Modrikamen, que chaque voix pour une Liste Destexhe éloignera des parlements, donc du financement public, donc de l’existence. Mais le véritable ennemi, celui avec lequel le président populaire partage une rage procédurière, qui fut brièvement dirigeant du PP avant de le quitter avec sous le bras mille et un dossiers vastement disséminés dans la presse et les réseaux sociaux, c’est Aldo-Michel Mungo. Sa Droite citoyenne présentera quelques listes, souvent incomplètes, le 26 mai prochain. Les gratifier d’un suffrage rageur pourra satisfaire une pulsion haineuse, mais sera inutile : elles n’ont aucune chance d’envoyer un élu. L’ennemi rationnel votera donc Destexhe. Ou, encore mieux, MR : c’est parce que, comme Alain Destexhe plus tard, Mischaël Modrikamen ne le trouvait pas assez à droite qu’il constitua son propre parti. Aider les bleus à conserver leur monopole sur la droite et le centre-droit marquerait donc l’échec du PP.

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