Quelle est selon vous la phrase de l'année? © Le Vif

Votez pour la phrase de l’année !

Mélanie Geelkens
Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Choquante, interpellante, intéressante, à côté de la plaque… Quelle a été la phrase de l’année ? Votez pour celle qui vous a le plus marqué, jusqu’au 23 décembre prochain. Et repassez en revue, par la même occasion, l’actualité de l’année écoulée. Qui n’aura pas été faite que de covid…

Votez pour votre phrase préférée à la fin de cet article !

1) « Nous ne serons pas réduits au silence » (Donald Trump)

Et pourtant si ! Deux jours après ce tweet – envoyé le 6 janvier -, Donald Trump était banni « de façon permanente » de Twitter. L’ancien président américain n’en était pas à sa première outrance, mais cette provocation aura été celle de trop. En refusant de reconnaître sa défaite aux élections de novembre 2020 face à Joe Biden, Trump et ses petits messages auront incité des milliers d’émeutiers radicaux à envahir le Capitole, le 6 janvier. Un assaut qui aura provoqué cinq décès.

2) « Très soulagé… » (François Fornieri)

Six jours et six nuits, à la prison de Lantin puis de Marche. Ça a changé François Fornieri du confort de sa villa liégeoise. L’ancien CEO de l’entreprise pharmaceutique Mithra (qui démissionnera peu après) n’aura dit que deux mots à sa libération, le 27 janvier, mais c’est toujours deux de plus que Stéphane Moreau, lui aussi incarcéré cet hiver-là suite à l’affaire Nethys, comme d’autres anciens responsables de l’entreprise publique, tous cernés par une enquête menée par le juge d’instruction Frédéric Frenay. Notamment pour abus de biens sociaux. Et toujours en cours.

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3) « Je ne respecte plus la bulle de 1 » (Jean-Marc Nollet)

Homme politique inconscient ou homme tout court à bout de ce deuxième confinement qui n’en finissait plus, depuis l’automne 2020 ? La sortie de Jean-Marc Nollet sur La Première, le 25 février, n’était sans doute pas un dérapage incontrôlé ; pas le genre du très contrôlé co-président d’Ecolo. Le débat politique sur la pertinence des mesures était rouvert, mais il aura fallu attendre le… 8 mai pour que la fameuse « bulle de 1 » éclate.

4) « Je ne baisserai pas la tête. C’est une injustice » (Nicolas Sarkozy)

Trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d’influence : la sentence est tombée début mars, dans l’affaire des « écoutes ». D’autres auraient marché la tête moins haute. D’autant que, six mois plus tard, Nicolas Sarkozy était à nouveau condamné à un an de prison ferme, suite au procès Bygmalion, pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Une autre injustice ?

5) « Il y a eu des conversations quant à savoir à quel point sa peau serait foncée une fois qu’il serait né » (Meghan Marckle)

Shocking ! Oprah Winfrey l’était d’ailleurs aussi, choquée, en entendant cette confidence de l’ancien couple princier dans son émission, le 8 mars, faisait référence à la couleur de peau du premier enfant de Harry et Meghan, Archie. Apparemment, la Couronne anglaise n’aime que la couleur de ses propres joyaux…

6) « Hum ?!? » (Ursula von der Leyen, #sofagate)

Une onomatopée vaut parfois plus qu’un long discours, et avec ce « hum », l’Europe entière aura compris le machisme de Charles Michel, alors que l’ancien Premier ministre belge devenu président du Conseil européen ne laissait pas de chaise à côté d’Erdogan à sa collègue Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 6 avril. S’en suivront de longues discussions sur les questions de protocole, mais surtout des débats sur les inégalités de genre, qui n’épargnent apparemment pas les plus hautes sphères du pouvoir…

7) « Le virus s’en fiche, des déclarations politiques. Et la population aussi, je crois » (Frank Vandenbroucke)

Et pourtant, cette déclaration politique de Frank Vandenbroucke à L’Echo le 17 avril dernier, aura été suivie de bien d’autres… A l’époque, le ministre fédéral de la Santé (Vooruit) s’exprimait sur les mesures sanitaires en vigueur : bulle de 1, fermeture de l’horeca, interdiction de certaines activités… Neuf mois plus tard, les mêmes sujets sont au programme du Codeco. Seul changement : la population s’en fiche peut-être encore plus.

8) « Ils vont vite rentrer chez eux manger des frites » (des chroniqueurs foot français)

Effectivement, les Diables rouges sont rentrés chez eux rapidement, lors de l’Euro de foot en juin dernier. En tout cas plus vite que ce que l’équipe nationale avait espéré, soit en quart de finale face à l’Italie, qui remportera la compétition. Au moins, le vainqueur n’aura pas été la France, n’en déplaise à ces chroniqueurs télé qui, le 12 juin, s’étaient allègrement moqué de Thomas Meunier qui affichait les ambitions belges.

9) « La discussion n’est pas : « Est-ce qu’on remet en cause la séparation de l’Eglise et de l’Etat ? » mais plutôt : « Comment la décline-t-on avec un changement démographique ? » » (Ihsane Haouach)

Un mois et demi : la nomination d’Ihsane Haouach comme commissaire au gouvernement à l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes n’aura pas résisté à cette interview qu’elle avait donnée au Soir, le 5 juillet. Elle avait dû démissionner dans la foulée, après que des soupçons de proximité avec les Frères musulmans aient été lancés. Une autre commissaire (non voilée) avait été nommée et l’Institut a continué à ne pas faire parler de lui.

Ihsane Haouach.
Ihsane Haouach.© DR
10) « La guerre est terminée, tout le monde est pardonné » (Zabihullah Mujahid)

Les Talibans ont peut-être pardonné, comme l’a assuré Zabihullah Mujahid, leur porte-parole, lors de leur prise de pouvoir le 17 août. Mais le monde saura-t-il les pardonner leur politique répressive, discriminante et peut-être même violente à l’égard des femmes et des opposants politiques ?

11) « On tire sur le pianiste alors qu’il a bien joué sa partition » (Hervé Jamar)

Mi-juillet, alors que les affluents de la Meuse prenaient possession de quartiers entiers, Hervé Jamar rentrait de vacances. Plutôt que de reprendre ses fonctions de gouverneur de la province de Liège, le libéral laissait la main à sa faisant fonction durant plusieurs jours. Abondamment critiqué, il ne comprenait pas les reproches, comme il le confiait au Vif le 12 août, pour sa première interview suite aux inondations. Son absence lui sera à nouveau reprochée plus tard lors de la commission d’enquête wallonne, et il aura à nouveau le sens de la formule, déclarant aux députés qu’il avait travaillé comme « gouverneur bénévole »…

12) « Dans un an, pour la première fois, la rentrée se fera le 29 août » (Caroline Désir)

La crise sanitaire aura au moins eu cet effet bénéfique-là : accélérer une réforme qui traînait depuis plus de 20 ans. Soit celle des rythmes scolaires, qui allonge les vacances de Toussaint et de Carnaval, mais réduit celles de juillet et août. En septembre 2022, donc, comme l’annonçait la ministre de l’Enseignement Caroline Désir en août dernier, les enfants de la Fédération Wallonie-Bruxelles rentreront en classes le 29 août. N’en déplaise à la Flandre, qui elle reste calée sur l’ancien système, décrié par tant de pédagogues.

13) « On verra ça plus tard » (Jean-Louis Périès)

Tout le monde pensait qu’il se tairait, mais la détention en isolement de Salah Abdeslam suite aux attentats de Paris du 13 novembre 2016 lui avait apparemment donné envie de s’exprimer, lors de l’ouverture du procès le 8 septembre dernier. Et pas pour émettre remords ou regrets, mais bien pour « témoigner qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah, et [que] Mohamed est son prophète ». Une déclaration vite balayée par le placide « On verra ça plus tard », du président de la Cour d’assises, Jean-Louis Périès.

14) « Cette épidémie devient une épidémie de non-vaccinés » (Alexander De Croo)

Oups. Alexander De Croo s’était sans doute prononcé un peu vite, le 17 septembre dernier, lors d’un énième Codeco. A l’époque, le fameux seuil de 70% de personnes vaccinées n’était pas encore atteint, surtout à Bruxelles. Mais maintenant qu’il est largement dépassé, que les enfants pourront bientôt eux aussi recevoir une injection et que les Belges sont convoqués pour une troisième dose, l’épidémie n’a toujours pas disparu. Et de nombreuses personnes vaccinées en font les frais.

15) « Facebook affaiblit les démocraties » (Frances Haugen)

Sale mois, pour Facebook. En octobre, le réseau social aura subi une panne mondiale de plusieurs heures, le 4, précédée de fracassantes révélations de Frances Haugen, l’une de ses anciennes cadres. En démissionnant, celle-ci avait emporté dans ses cartons des millions de documents compromettant pour l’entreprise américaine, accusée d’être parfaitement consciente des dégâts sociaux qu’elle causait et de ne pas agir pour préserver ses profits. Sans que sa popularité n’en ressorte écorchée auprès de ses utilisateurs…

Frances Haugen
Frances Haugen© AFP
16) « On n’est pas riche avec 6 000 euros par mois » (Georges-Louis Bouchez)

Statistiquement, pourtant, oui. Mais il est vrai que Georges-Louis Bouchez gagne plus de 18 000 euros brut par mois, sans doute cela émousse-t-il quelque peu l’appréciation. Cette déclaration du président du MR (qui réagissait à une proposition du Premier ministre De Croo de supprimer l’avantage fiscal sur les secondes résidences), le 17 octobre dernier, aura relancé le débat sur la richesse. Surtout chez les 90% de la population belge qui gagne moins de 5 886 euros brut par mois.

17) « On voyait des régions entières qui brûlaient » (Thomas Pesquet)

Même à 400 kilomètres d’altitude, Thomas Pesquet voyait les flammes, depuis le hublot de la station spatiale où l’astronaute français a passé six mois. Celles qui ravageaient le Canada, puis la Californie, puis la Grèce, a-t-il expliqué au président Emmanuel Macron, quelques jours avant son retour sur Terre, le 4 novembre.

A (re)voir: Thomas Pesquet de retour sur Terre: ses plus belles photos depuis l’espace (en images)

18) « Bla, bla, bla » (Greta Thunberg)

Qu’a-t-on retenu de la Cop 26, qui s’est déroulée à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre ? Rien, si ce n’est ce tweet de Greta Thunberg au lendemain de ce grand raout climatique. Beaucoup de paroles, peu d’actes.

19) « Les vaccins actuels ne permettent pas d’envisager une obligation » (Yves Coppieters)

Cette interview, parue sur Le Vif le 16 novembre, aura été l’un des articles les plus lus de l’année. Yves Coppieters y évoque le fait qu’avant de rendre un vaccin obligatoire à toute une population, il faut d’abord s’assurer de son innocuité, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Malgré les doutes scientifiques, le personnel soignant lui n’aura plus le choix : s’il n’est pas vacciné d’ici le printemps prochain, il sera licencié. Piqué ou viré.

20) « Le danger aujourd’hui, pour les femmes, ce n’est pas un hypothétique patriarcat blanc » (Eric Zemmour

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Les féministes n’ont donc rien compris ! Eric Zemmour est celui qui « protégera au mieux les femmes », a-t-il déclaré le 30 novembre au JT de TF1 lors de l’annonce de sa participation à l’élection présidentielle au printemps prochain. Contre quoi ? Les stéréotypes de genre ? Les violences ? Les discriminations ? Mais non ! Contre l’islam, bien sûr. Le grand ennemi de l’Hexagone, selon lui. Pour ceux qui se demandaient encore si l’ancien journaliste était ou non d’extrême droite…

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