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Volet belge des attentats du 13-Novembre: le procès dans le dossier « Paris bis » débute

Le tribunal correctionnel de Bruxelles entamera mardi à 14h00 le procès du dossier « Paris bis », qui concerne l’enquête belge sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Il se poursuivra ensuite durant douze autres audiences, en avril et mai. Quatorze personnes sont prévenues dans cette affaire, pour répondre de participation aux activités d’un groupe terroriste et diverses autres infractions. Elles sont soupçonnées d’avoir fourni une aide à des personnes impliquées dans les attentats à Paris, avant ou après ceux-ci.

Le procès débutera mardi après-midi et se poursuivra le 22 avril matin et après-midi, le 25 avril après-midi, le 26 avril après-midi et le vendredi 29 avril matin et après-midi. Il se prolongera le 2 mai au matin et les 3, 9, 10, 13, 16, 17 et 20 mai matin et après-midi. Le jugement n’est pas attendu avant la fin de l’année judiciaire. Le procès se tiendra dans le nouveau bâtiment de justice « Justitia », avenue du Bourget à Haren, aménagé sur le site qu’occupait auparavant l’Otan. Une nouvelle vaste salle d’audience vient d’y être aménagée, en prévision du procès des attentats à Bruxelles, qui débutera à l’automne prochain. Elle devrait déjà servir pour le procès du dossier « Paris bis », selon le parquet fédéral.

La chambre du conseil de Bruxelles a renvoyé en correctionnelle quatorze des vingt inculpés du dossier « Paris bis ». Douze des quatorze prévenus, dont deux sont présumés morts en Syrie, Sammy Djedou et Youssef Bazarouj, sont soupçonnés par le parquet fédéral de participation aux activités d’un groupe terroriste, l’un comme dirigeant, les autres comme membres. Ils sont suspectés d’avoir, par un acte quelconque, même minime, participé aux attentats commis sur le sol français en novembre 2015. Entre autres, il est reproché à certains d’avoir véhiculé à l’aéroport des personnes qui se rendaient en Syrie, parmi lesquelles les futurs auteurs des attentats de novembre 2015. Il est reproché à d’autres d’avoir aidé ces auteurs à se cacher avant ou après les attentats.

Sammy Djedou aurait été en contact étroit avec Oussama Atar, considéré comme l’un des cerveaux des attentats à Paris et à Bruxelles. Youssef Bazarouj, quant à lui, serait devenu, en Syrie, le bras droit d’Oussama Atar et d’Abdelhamid Abaaoud, considérés comme des cerveaux des attentats à Paris. Son frère, Ayoub Bazarouj, est également prévenu dans ce dossier. Parmi les autres prévenus figurent Mohamed Rabhioui et Soufiane Al Aroub, des proches de Mohamed Abrini, ainsi que le petit frère de ce dernier, Ibrahim Abrini. Abdoullah Courkzine et Zakaria Jaffal sont quant à eux inquiétés dans cette affaire pour les nombreux contacts qu’ils ont eus avec Abdelhamid Abaaoud. Abid Aberkane est l’un des prévenus également. Il avait hébergé Salah Abdeslam lorsque ce dernier a réussi à échapper à la police le 15 mars 2016, après le fort Chabrol rue du Dries à Forest, où il se cachait avec Sofien Ayari et Mohamed Belkaïd. Enfin, sont aussi prévenus Rafik El Hassani ainsi que Smaïl Farisi et Youssef El Ajmi. Ces deux derniers ont déjà été inculpés dans le dossier des attentats à Bruxelles. Youssef El Ajmi a bénéficié d’un non-lieu, mais Smaïl Farisi a été renvoyé devant la cour d’assises comme neuf autres individus.

Deux autres personnes sont citées à comparaître dans ce dossier « Paris bis », mais pour répondre à des infractions étrangères au terrorisme. Meryem E. B. est soupçonné d’avoir fourni de faux documents d’identité à des personnes impliquées dans les attentats, notamment des kamikazes décédés à Paris et à Bruxelles. Lazez A. est quant à lui poursuivi pour des infractions à la loi sur les armes et à la loi du 28 mai 1956 relative aux substances et mélanges explosifs.

Le 13 novembre 2015, trois commandos ont mené des attaques à divers endroits de la capitale française, tuant 130 personnes. Le 22 mars 2016, la cellule terroriste à l’origine de ces attentats a également frappé l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem et la station de métro Maelbeek à Bruxelles, provoquant la mort de 32 autres personnes. Immédiatement après les attentats de Paris, une enquête judiciaire de grande ampleur a été lancée en France et en Belgique. Plusieurs suspects ont été identifiés et arrêtés. Les plus importants d’entre eux ont été remis aux autorités françaises et sont actuellement jugés à Paris. Les autres, complices présumés des auteurs des attentats de novembre 2015, seront jugés à Bruxelles, dans le cadre du procès appelé « Paris bis ».

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