Opinion

Pierre Havaux

Vent du Nord de Pierre Havaux: « Bienvenue chez les Flamands » (chronique)

Pierre Havaux Journaliste au Vif

Une Flandre attrape-touristes? Un combat de tous les jours. L’ étranger qui s’y aventure en repart avant tout charmé par la beauté de ses paysages, de ses villes historiques et même, de sa côte.

La Flandre, terre de nature et de patrimoine, appréciée pour ses randonnées cyclistes, associée au boire et au manger de qualité: autant d’atouts que la ministre du Tourisme Zuhal Demir (N-VA) a bien l’intention de cultiver. Encore faut-il les faire connaître urbi et orbi. Et là, ça coince un peu, ressort-il d’enquêtes approfondies menées en 2021 par Toerisme Vlaanderen. « La notoriété de la Flandre et de ses différentes destinations régresse depuis 2017 sur les marchés européens », concède la ministre qui se rassure par le constat que « le pourcentage d’Européens qui envisagent des vacances courtes ou prolongées en Flandre est en hausse« .

Appel est lancé à la population, qu’elle se fasse la première ambassadrice des charmes de son biotope. Hélas, déception là aussi, en prenant connaissance de l’investissement consenti par 1 500 Flamands et Bruxellois sondés par Toerisme Vlaanderen. Ils sont à peine 26% à se dire disposés à recommander la région comme destination de vacances à des candidats européens au voyage. Et ce relatif enthousiasme à inciter à parcourir le plat pays qui est le leur est plus criant encore parmi les moins de 35 ans.

C’est sûr, il y a un vrai travail de séduction à mener du côté des jeunes, d’abord pour les convaincre qu’ils grandissent environnés de perles touristiques souvent ignorées, ensuite pour les pousser à faire savoir qu’ elles valent le détour. Il faudrait pour cela trouver le « petit plus » susceptible de provoquer le déclic, l’une ou l’autre « top attractie » comme l’a suggéré Cathy Coudyser (N-VA) à l’occasion d’un remue-méninges entre députés et ministre. Ou alors l’engagement de quelques influenceurs. Et si on s’avisait de ce que cette belle jeunesse pourrait être de bon conseil?

« Je ne suis plus toute jeune », concède, à 42 ans, Loes Vandromme, ce qui n’empêche pas cette députée CD&V de tendre l’oreille à l’un ou l’autre tuyau refilé par des « kids » biberonnés à Netflix: ce qui « boosterait » la curiosité pour la Flandre, ce serait l’une de ces séries télé vachement bien ficelées dont le décor serait avantageusement planté dans quelques coins bien charmants et sympas de la contrée. « Tof idee » pour mettre une destination touristique sous le feu des projecteurs. Séance tenante, la ministre a fouillé dans la filmographie pour dénicher ce qu’il y a déjà eu en rayon: In Bruges, comédie dramatique anglo-américaine essentiellement tournée dans la Venise du nord en 2008 et qui fut multiprimée ; Stille Waters, série policière de facture flamande en treize épisodes remontant au début des années 2000 et qui avait pour lieu de l’intrigue un petit village sur les bords de l’Escaut. « Très bonne suggestion, nous allons examiner avec nos partenaires toutes les demandes de séries et de films afin de voir ce qui pourrait être soutenu », annonce, emballée, Zuhal Demir. Vivement un Bienvenue chez les Flamands qui cartonne au box-office, à moins d’une fiction à suspense avec une bonne pinte de sang, un rien d’humour, un zeste de sexe et un soupçon de corruption, par exemple sur fond de gros scandale de pollution en région anversoise.

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