Bénédicte Linard © Belga

Seul un tiers des jeunes Bruxellois vaccinés : « pas grave » ou problématique ?

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste

Depuis quelques jours, les contaminations flambent en Belgique, et la circulation du virus est particulièrement intense chez les enfants et les adolescents. A Bruxelles, seul un tiers des jeunes de 12 à 17 ans sont complètement vaccinés. Pour certains représentants politiques, c’est un problème. Alors que pour la ministre Bénédicte Linard, ce n’est « pas grave »…

Pour la semaine du 18 au 24 octobre, 6573 jeunes Belges âgés de 10 à 19 ans ont été testés positifs au coronavirus, une hausse de 62% par rapport à la semaine précédente. Chez les enfants de 0 à 9 ans, le nombre d’infections monte également en flèche: pour la semaine écoulée, près de 6000 d’entre eux ont été contaminés, soit une augmentation de 58%.

Face à cette circulation élevée, le Premier ministre Alexander De Croo a d’ailleurs déconseillé aux petits-enfants et aux grands-parents de se réunir, « un risque qu’il faut éviter », a-t-il déclaré à l’issue du Comité de concertation.

A Bruxelles, où 70% de la population adulte a désormais reçu une première dose du vaccin, le taux de vaccination reste faible chez les jeunes. Alors que la moyenne nationale pour les 12-17 ans atteint les 74% pour la première dose, et 71% pour la couverture vaccinale complète, ce chiffre n’est que de 40% à Bruxelles pour la première dose, et de 33% pour la vaccination complète. Rappelons qu’en Belgique, les enfants de moins de 12 ans ne sont pas (encore) vaccinés.

« Pas grave »

Interrogée par Le Soir le week-end dernier, la ministre de l’Enfance et de la Santé en Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Ecolo) ne semble pourtant pas dérangée par le faible taux de vaccination parmi les jeunes Bruxellois. « Faire croire que c’est en vaccinant des plus jeunes qu’il n’y aura plus d’adultes à l’hôpital, c’est faux. La vaccination protège avant tout. On doit continuer à dire aux adultes de se faire vacciner. Ce sont eux qui sont dans les services de soins intensifs », estime-t-elle.

« Même si on doit continuer à amener les jeunes vers la vaccination, je ne trouve pas ça grave », ajoute-t-elle à propos du faible taux de vaccination parmi les jeunes à Bruxelles. « Ne faisons pas reposer la lutte contre la pandémie sur les épaules des enfants », souligne-t-elle.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) ne partage pas du tout cette position. Pour lui, il faut vacciner les jeunes : « On a vu dans les chiffres que la contagiosité diminue de manière significative chez les jeunes quand ils sont vaccinés. L’effet est remarquable au niveau des contaminations chez les lycéens. Ils doivent donc tous se faire vacciner aussi vite que possible », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue du Comité de concertation.

Réduire la circulation du virus

Le Commissariat Corona du gouvernement recommande également la vaccination des adolescents. « Elle permettra de les protéger contre la maladie en cas de contact avec le virus et de réduire la circulation du virus dans la population générale, diminuant ainsi les risques que la population plus âgée entre en contact avec le virus. La vaccination de ces jeunes contribuera également de manière importante à l’augmentation de la couverture vaccinale globale de la population belge ».

Dans les colonnes du Soir, Vandenbroucke rappelle également l’importance du testing chez les enfants, y compris les asymptomatiques. « Vu la circulation actuelle du virus, on ne peut pas se permettre de ne pas tester. Ce sont les asymptomatiques qui vont contaminer les parents et les grands-parents. » Ses déclarations interviennent alors que Bénédicte Linard avait plaidé en faveur d’un relâchement de « la pression insupportable sur les écoles, les enfants et les ados, que ce soit en matière de testing ou de quarantaine ».

Un élève sur 4 possède des anticorps

Une nouvelle enquête de Sciensano et de la KULeuven sur les anticorps vient confirmer la circulation élevée du virus parmi les enfants. Au cours de la période du 20 septembre au 8 octobre 2021, plus d’un élève sur 4 (26,6%) de l’enseignement primaire possédait des anticorps contre le coronavirus. C’est une nette augmentation par rapport au mesurage précédent qui avait été effectué en mai-juin 2021 (15,4%). Cela indique une circulation élevée du virus en dehors de l’école également étant donné que cette période correspond en grande partie aux vacances d’été.

Outre l’augmentation constatée lors de ce mesurage, le 4e, pour la période septembre-octobre, on observe également d’importantes différences régionales. À Bruxelles, 36,1% des élèves possédaient des anticorps, alors que ce pourcentage était beaucoup plus faible en Flandre (26,3%) et en Wallonie (23,8%), selon l’étude.

Plus d’anticorps parmi les élèves bruxellois

La présence d’anticorps chez un nombre relativement important d’élèves bruxellois est peut-être la conséquence d’une couverture vaccinale plus faible et de la plus grande circulation du virus en Région bruxelloise. Une étude effectuée plus tôt dans la province du Limbourg a démontré que la présence d’anticorps chez les jeunes enfants reflète le nombre de cas de Covid dans le reste de la population locale, poursuit Sciensano.

Il ressort du questionnaire complété par les parents d’enfants testés que 7,7% des élèves ont déjà connu une infection Covid-19 confirmée depuis le début de la pandémie et 3,3% depuis le dernier mesurage en mai-juin 2021. Aucun élève n’a été hospitalisé.

Avec Belga

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