Le Stéphanie, l'un des trois grands tunnels vidés de leur circulation. © CHRISTOPHE LICOPPE/PHOTO NEWS

Rétro 2016 : l’hécatombe des tunnels bruxellois

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif

Les uns après les autres, les tunnels de la capitale ont fermé dans l’urgence. Malgré leur modèle périmé, ils sont pourtant condamnés, après travaux, à survivre.

Bien qu’ils n’eussent pas fréquenté les tunnels bruxellois, les Gaulois avaient intuitivement trouvé le mot juste :  » Le ciel nous tombe sur la tête.  » A Bruxelles, en début d’année, ce n’est pas le ciel mais des blocs de béton qui se sont détachés des structures, s’écrasant sur les voitures qui y roulaient. Des fissures sont apparues dans les plafonds. En quelques semaines, le Stéphanie, le Montgomery et le Léopold II ont été fermés dans l’urgence, sur ordre du gouvernement bruxellois, pour éviter tout accident grave. Ces tunnels une fois interdits au trafic, certains pour des mois, d’autres pour d’indispensables réparations effectuées de nuit, les experts de Bruxelles Mobilité, administration responsable de 153 ponts et tunnels en Région bruxelloise, se sont rendus sur les lieux pour évaluer l’ampleur des dégâts : une rénovation en profondeur s’imposait, allant de pair avec de plantureux embouteillages dans la capitale, déjà régulièrement saturée lorsque les tunnels étaient encore en service.

C’est peu dire que cet épisode de non-mobilité a occupé les esprits bruxellois, à la fin de l’hiver. Sans parler des quelque 200 000 navetteurs qui entrent chaque jour dans la ville. Et, bien vite, les politiques se sont écharpés, en commission parlementaire, pour savoir à qui incombait la faute d’un tel laisser-aller dans la gestion des infrastructures routières. L’administration a rappelé qu’elle avait régulièrement alerté les autorités sur l’état des tunnels, notamment en 2012, mais que les élus ne l’avaient pas suivie, effrayés par le coût de l’opération et les inconvénients, pour les utilisateurs, de chantiers de rénovation. Bref. Depuis, les tunnels sont en travaux ou rénovés, comme le Montgomery.

Et ensuite ? Quatre des cinq tunnels du complexe Reyers, à la fin de l’autoroute de Liège (E-40), devront encore être rénovés. Comme le tunnel Léopold II, le plus long de Belgique. Les élus, dont beaucoup doutent de la pertinence de ce modèle de mobilité à Bruxelles, n’ont pas le choix. Faute d’alternative et de choix posés bien en amont, il y a dix ans au moins.  » A terme, il y aura bien sûr des tunnels qui pourront être fermés, mais il est trop tôt pour dire lesquels « , a lâché le ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet. La saga continue.

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