Jacqueline Galant, ministre de la mobilité (MR). © BELGA/Virginie Lefour

Rétro 2016 : Jacqueline Galant, sortie de piste

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif

Après l’affaire du cabinet d’avocats Clifford Chance, la ministre de la Mobilité n’avait plus droit à l’erreur. C’était visiblement trop lui demander.

Elle aura tenu six mois. Entre les premières révélations du Vif/L’Express, faisant état, au mois d’octobre 2015, d’un marché conclu à la hussarde avec le très onéreux cabinet d’avocats Clifford Chance, et son départ fracassant du gouvernement fédéral, à la mi-avril, la ministre MR Jacqueline Galant aura en vain tenté de s’accrocher. Et de convaincre. Peine perdue. Déjà régulièrement mise en cause, depuis son entrée au cabinet de la Mobilité, pour ses déclarations à l’emporte-pièce, parfois contradictoires, ses approximations et la faiblesse de son bilan, la ministre a finalement été lâchée par le Premier ministre, Charles Michel, et par l’ensemble du MR, peu enclin à sombrer avec elle. Dans la tourmente postattentats, il était inimaginable que son manque de réactivité sur le terrain de la sécurisation de l’aéroport soit passé au bleu, sans mauvais jeu de mots.

Son administration, emmenée par le redoutable Laurent Ledoux, avait en effet affirmé que Jacqueline Galant n’avait pas débloqué les moyens nécessaires pour sécuriser l’aéroport après les attentats du 22 mars. Accusée, la ministre s’était alors défendue en assurant qu’elle n’avait pas été informée des audits de la Commission européenne détaillant les failles de l’infrastructure aéroportuaire. C’était faux : ces audits avaient bien été communiqués et discutés au cabinet de la Mobilité.

Dans ce contexte politico-parlementaire très tendu, Laurent Ledoux, le président du SPF Mobilité, avait encore augmenté la pression sur la ministre en remettant sa démission. Averti – un peu tard – que Jacqueline Galant lui avait caché la vérité, Charles Michel n’avait pu que lâcher cette très fidèle alliée. En octobre 2015, il avait, du bout des lèvres, évoqué une  » imprudence  » dans le chef de la Jurbisienne, empatouillée dans le marché conclu avec le bureau d’avocats Clifford Chance. Cette fois, c’était une faute.

Depuis lors, c’est le libéral rochefortois François Bellot qui a pris le relais. Une évidente rupture de ton : autant Jacqueline Galant se faisait entendre, autant François Bellot se fait discret. Depuis son entrée en fonction, le dossier du survol de Bruxelles n’a plus évolué. Celui de la SNCB non plus. Viendra un temps où son silence ne pourra plus être mis sur le compte de la découverte des dossiers. Que chacun sait explosifs.

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