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Région bruxelloise : toujours plus verte, mais…

Thierry Denoël
Thierry Denoël Journaliste au Vif

Les partis traditionnels sont en net recul en Région bruxelloise, surtout le PS qui reste tout de même en tête mais tout juste. Ecolo confirme la percée déjà constatée aux élections communales, mais pas de manière aussi forte qu’annoncé. Le PTB réalise un score important et décroche autant de siège que Défi et davantage que le CDH.

Est-ce l’effet de la controverse sur le tract communautaire distribué par Zoé Genot sur le marché de Laeken ? Ce n’est en tout cas pas la déferlante annoncée pour Ecolo en Région bruxelloise, même si la vague verte se confirme dans la capitale après les élections communales de l’an dernier. Avec un peu plus de 19 %, sans passer la barre symbolique des 20 %, les Verts n’arrivent pas en tête du scrutin, même si ils y ont cru au fur et mesure de la soirée d’hier. En doublant leur score de 2014, ils sont néanmoins les grands vainqueurs de l’élection régionale bruxelloise. Ils gagneront 7 sièges au parlement régional pour arriver à 15 sièges. L’autre gagnant remarquable de ce scrutin est le PTB qui gagnera 6 sièges. Il augmente considérablement son score, en le triplant, pas loin derrière Défi qui se maintient vaille que vaille, malgré l’absence de deux ténors sur ses listes, Olivier Maingain et Didier Gosuin.

Les grands perdants en voix à Bruxelles sont le PS et le MR. Le PS perd 4,6 % de ses voix et 4 sièges par rapport à 2014, pour en avoir 17 au total, un score historiquement bas pour les socialistes. Comme la N-VA en Flandre, le parti socialiste à Bruxelles essuie un échec mais arrive, malgré tout, en tête, du scrutin. Quant au MR, dépassé par Ecolo, il se prend une nouvelle claque électorale : -6 %. Ce n’est tout de même pas la « tôle » des communales de 2018. La liste Destexhe, qui aurait pu voler davantage de voix au MR, n’a fait que 2,6 % et n’aura aucun siège. La chute est moins dure qu’annoncée par les sondages, mais le MR perd tout de même 5 sièges. Autre perdant remarquable : le CDH. Même s’ils restent au-dessus du seuil d’éligibilité, les humanistes continuent leur lente descente aux enfers, en perdant 3 sièges sur 6. Ils sont largement dépassés par le PTB…

Dans cette configuration, la majorité qui se profile logiquement pour gouverner la Région réunirait, côté francophone, le PS, Ecolo et Défi, comme à Bruxelles-Ville. De 2004 à 2014, Ecolo était dans la majorité bruxelloise avec le PS et le CDH. C’est Rudy Vervoort (PS) qui a la main pour mener les premières négociations. Il consultera les partis dès ce mercredi. On voit mal le MR qui a connu un nouvel échec être associé aux négociations pour la formation du futur gouvernement régional. Les libéraux francophones risquent donc bien de prolonger leur déjà très longue cure d’opposition pour atteindre les deux décennies de purgatoire. Si c’est confirmé, cela provoquera sans aucun doute des remous au sein de la régionale MR, présidée par Didier Reynders.

Côté flamand, Groen est le vainqueur des élections bruxelloises en voix et gagne 1 siège. Les deux partis verts, qui aiment dire qu’ils ne font qu’un, atteignent ainsi ensemble 19 siège, soit deux de plus que le PS, ce qui pourrait être décisif dans les négociations qui commencent. La N-VA se maintient au même niveau qu’en 2014 et ne pourra donc pas bloquer – comme on pouvait le craindre – la majorité néerlandophone nécessaire pour certaines politiques nécessitant un vote à double majorité (allocations familiales, aides sociales, etc.). Quant au Vlaams Belang, avec 1,2 %, il ne connaît pas de percée à Bruxelles. Pour le reste, la répartition des sièges côté néerlandophone est très morcelée. Il sera difficile de trouver une majorité dans ce rôle linguistique ? Ce qui risque de peser dans les négociations du côté des partis francophones.

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