DE Croo, Lalieux © Belga

Réforme des pensions : vifs débats à la chambre

Le Vif

Le clivage entre la gauche et la droite concernant les pensions reste bien vivace au sein de la Vivaldi, comme en a témoigné le débat d’actualité organisé mercredi à la Chambre. Celui-ci avait lieu au lendemain de la présentation par le gouvernement de l’accord conclu dans la nuit de lundi à mardi.

À gauche, Ahmed Laaouej (PS) a remercié la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) : « vous aviez dit que le combat serait rude, nous l’avons vu et vous avez tenu. » Il a en outre fustigé « le fantasme malsain de la figure du chômeur de longue durée qui toucherait la même pension que ceux qui ont travaillé« . « C’est ignoble et indigne de présenter les choses comme cela. Ces fantasmes ne servent que ceux qui veulent faire des économies sur le dos des pensionnés Et ceux-là ont subi une déconvenue, et c’est tant mieux. » De son côté, Marie-Colline Leroy (Ecolo) a souligné les avancées en termes d’égalité hommes-femmes. « Tenez bon et poursuivez sur cette ligne », a-t-elle exhorté.

À droite, le MR a sans surprise rappelé que cet accord n’allait pas assez loin à ses yeux. « Mais c’est un premier pas dans la bonne direction », a nuancé Christophe Bombled. Le libéral a insisté sur la soutenabilité sociale et financière de la réforme, qui doit encore être négociée avec les partenaires sociaux. Même critique du côté du CD&V, où Nahima Lanjri a redéposé sur le pupitre du Premier ministre Alexander De Croo les propositions du parti en la matière.

« Si vous êtes dans une coalition, assumez votre merde« 

Egbert Lachaert, président de l’Open Vld

Ces prises de position ont quelque peu énervé le président de l’Open Vld Egbert Lachaert. «  »Si vous êtes dans une coalition, assumez votre merde (« own your shit ») ! », a lancé le chef de file du parti du Premier ministre face aux critiques également formulées par ses collègues présidents de partis de la majorité. Le député a aussi dénoncé un « festival de désinformation » de la part de l’opposition.

Ce rapport à la vérité a d’ailleurs été le théâtre d’un clash entre Raoul Hedebouw (PTB, opposition) et le prédécesseur de Karine Lalieux aux Pensions, le MR Daniel Bacquelaine. Le premier a qualifié le second de « menteur » lorsqu’il annonçait que seuls 5 à 10% des travailleurs devraient prester jusqu’à 67 ans. « M. Hedebouw manie mieux l’insulte que la vérité », a répondu l’ancien ministre, confirmant ses propos tenus à l’époque de la coalition suédoise. Dans l’opposition, Sophie Rohonyi (DéFI), a jugé l’accord « indigne de l’enjeu ». « Rien sur la soutenabilité budgétaire », a-t-elle critiqué. Catherine Fonck (Les Engagés) a pointé ce clivage gauche-droite. « Ceci n’est pas une réforme des pensions », a-t-elle estimé.

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