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Rats, odeurs nauséabondes: le casse-tête pour traiter les déchets des inondations

Noé Spies

Pas moins de 160.000 tonnes de déchets encombrent toujours l’autoroute A601, abandonnée. Ils sont stockés à cet endroit depuis les inondations, soit près de deux mois, et il faudra neuf mois pour tout traiter. Pour les habitants à proximité du site de Wandre, le mécontentement se fait ressentir: odeurs nauséabondes et rats envahissent les lieux. Le problème est multiple.

« Nous avons reçu de nouveaux chiffres ce matin, nous sommes désormais à 160.000 tonnes à Luxembourg et Liège », explique Jean-Frédérick Deliège, porte-parole de Spaque, au Standaard. C’est donc 10.000 tonnes de plus que ce que Le Soir écrivait mercredi. Spaque, est, pour rappel, l’organisme wallon chargé de déblayer la totalité des déchets provoqués par les inondations vers différents centres de tri.

Un volume colossal

Ces amas de déchets sont principalement regroupés à trois endroits : à Wandre, à Engis et sur l’autoroute A601 abandonnée. Cette autoroute, longue de 5 kilomètres, est transformée en véritable dépotoir. Au total, il y a actuellement 90.000 tonnes de déchets, selon le quotidien flamand.

Le problème est multiple, et demande du temps. Car parmi ces tonnes de détritus, on retrouve toutes sortes d’objets du quotidien. Le tri et le dispatching vers les centres adéquats représentent un travail colossal. A titre de comparaison, la masse des déchets présents sur les différents sites correspond au total des encombrants conduits aux recyparcs par tous les Wallons sur une année. Cela donne une idée de l’ampleur de la tâche.

A Wandre, les nuisances sont lourdes pour les riverains.
A Wandre, les nuisances sont lourdes pour les riverains.© belga

Pourriture et humidité

Avec le temps, les habitants à proximité découvrent des mauvaises surprises. Au centre de Verviers, à quelques centaines de mètres de l’administration communale, un terrain vague a été transformé en dépotoir. Des camions entrent et sortent, mais aussi certains citoyens qui ont eux-mêmes vidé leur maison, et qui apportent des gravats. La puanteur est insupportable. Le Standaard décrit « un mélange de pourriture et d’humidité. » Les rats se multiplient dans la rue. Le problème, qui devient également sanitaire, est inédit et gigantesque, et peine à être résolu de manière optimale pour toutes les parties. Il y a forcément des lésés.

Tout ne sera pas recyclé

L’organisme wallon Spaque entame donc la lourde et longue tâche de traiter tous les déchets et de remettre les sites dans leur état d’origine le plus rapidement possible. Dans un premier temps, une aide de 30 millions d’euros devrait être octroyée aux entreprises expertes dans le traitement des déchets. La ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier (Ecolo), souhaite recycler un maximum de déchets. Mais ce ne sera pas facile partout. Selon Le Soir, le pourcentage de déchets recyclables oscille entre 30 et 60 % selon les sites. Le reste sera probablement brûlé.

Risque de saturation dans les centres de tri

L’état d’avancement du déblayage n’est pas égal entre les différents sites. A Wandre, le nettoyage a déjà commencé. Mais pour les riverains, des nuisances olfactives persistantes et une invasion de rats ont eu raison de leur patience. Ils se sont réunis sous le nom de « victimes collatérales de Wérihet », afin de faire savoir leur mécontentement au bourgmestre. Selon Spaque, le site de Wandre sera vide d’ici la fin octobre. Engis suivra en décembre. « Sur l’A601, cela prendra jusqu’à neuf mois. En raison de l’importance des déchets, il existe une réelle crainte qu’un travail trop rapide entraîne une congestion sur les différents sites de traitement des déchets », explique-t-on au Standaard.

Sur l'A601, les déchets sont étalés sur 5 km.
Sur l’A601, les déchets sont étalés sur 5 km.© belga

Comment dès lors anéantir ces nuisances pour les citoyens ? Comme solutions à court terme des exterminations de parasites, des dératisations, ainsi que des grands nébuliseurs pour dissiper les odeurs sont évoqués. Mais sur le long terme aussi, ces déchets risquent de laisser une trace. Une analyse préliminaire de la nappe phréatique ne montre pas encore de contamination, mais tout doit être surveillé de près, selon le journal néerlandophone. Le type de dépollution des sols, qui doit être réalisé après la disparition des déchets, reste encore flou. « Des contrôles sur les eaux souterraines, mais aussi sur la présence d’amiante détermineront notre future trajectoire », selon Spaque.

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La ministre Tellier s’est rendue sur l’A601

La ministre Tellier a indiqué que, pour l’ensemble des sites, les objectifs de recyclage étaient meilleurs qu’initialement prévus (30%) et devraient ainsi atteindre 50 à 60 % des détritus. Ceux-ci seront envoyés, par camion puis par voie fluviale, vers les centres de tri agréés.

« La Spaque ajoutera à ces marchés publics des conditions particulières pour veiller à la sécurité, à l’environnement et à la santé des riverains, notamment en matière d’odeur et de salubrité publique par des campagnes de dératisation. Les trois sites seront remis en état une fois les évacuations terminées », a précisé la ministre, ajoutant que les riverains seront avertis du début des opérations et de leur déroulement via toutes-boîtes.

Sur l’A601, le volume de déchets est estimé à 90.000 tonnes. Tous les jours, des camions continuent d’y déverser de nouveaux débris. L’évacuation devrait débuter fin septembre et durer neuf mois, délai estimé pour permettre à la filière tri de continuer à absorber ses volumes habituels sans saturer. La Spaque précise que des mesures seront prises pour contrôler les eaux de ruissellement au niveau des bassins d’orage, l’empoussièrement et le bruit. Les émanations de volatiles seront limitées à l’aide d’un brumisateur mobile.

Sur le site du Wérihet, les évacuations ont débuté à raison de 750 tonnes par jour. La priorité y a été donnée en raison de la présence de riverains immédiats. L’opération devrait être terminée pour le 31 octobre.

Enfin, à Engis, l’évacuation devrait débuter fin septembre et être terminée en décembre.

(Avec Belga)

La ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier, lors de sa visite sur l'A601.
La ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier, lors de sa visite sur l’A601.© belga

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