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Pour le report d’un an de la réforme « rythmes scolaires »

A moins d’une semaine de l’adoption de la réforme des rythmes scolaires, nous appelons les partis de la majorité PS-MR-Ecolo à reporter d’un an cette réforme au nom du fédéralisme d’union, au nom des milliers de familles qui seront affectées par cette réforme, au nom des enseignants et des directions qui sont à bout, comme ces derniers en ont fait part à la Ministre lors d’une rencontre ce mercredi midi à Louvain-la-Neuve.

Le monde de l’école subit une forme d’épuisement. Dans la presse, nous avons constaté les réticences de certains députés libéraux face à la précipitation des partis de la majorité. Nous les appelons à traduire leurs paroles en actes en votant pour nos amendements qui prévoient la mise en place de la réforme pour la rentrée scolaire 2023 (28 août).

Réforme rythmes scolaires: u0022Une réforme isolée, c’est créer des barrières entre communautésu0022.

A Bruxelles et dans les zones proches des frontières linguistiques, c’est un danger de cohésion sociale. Certains problèmes sont évidents : parents professeurs ou famille scolarisée dans différentes communautés, et activités extra-scolaires dans une autre langue. Nos vies entières sont calquées sur l’agenda scolaire : culture, académies musicales, tourisme, mobilité, etc. Une réforme isolée, c’est créer des barrières entre communautés.

Si nous soutenons l’ambition de cette réforme qui améliorera le bien-être des enfants et des jeunes à l’école, celle-ci doit rencontrer deux conditions essentielles, recommandées par la Fondation Roi Baudouin : une synchronisation des calendriers scolaires entre les 3 communautés ET un délai de deux ans entre la décision et l’entrée en vigueur. Aucune de ces deux recommandations n’est respectée.

Les écoles ont déjà énormément donné de leur temps et énergie ces trois dernières années scolaires pour faire face à la crise du Covid. L’essentiel pour les enseignants est de récupérer progressivement les retards d’apprentissage accumulés et non de replanifier des apprentissages pour les faire coller au nouveau calendrier. Aujourd’hui, elles se démènent pour accueillir au mieux les enfants ukrainiens qui ont dû fuir le conflit. Non seulement, les conditions pour leur imposer la mise en place d’une nouvelle réforme ne sont malheureusement pas réunies, mais en plus celle-ci n’est pas pleinement aboutie.

En effet, à quelques mois de la mise en oeuvre du décret, le chantier n’est pas prêt et de nombreux problèmes sont encore à régler : la synchronisation avec l’enseignement supérieur, l’adaptation des mouvements de jeunesse et des jeunes animateurs, des endroits de camps… ainsi que la prise en compte de l’évolution de l’organisation des familles recomposées ou la réorganisation des familles dont les enfants sont scolarisés de part et d’autre des frontières linguistiques…

Durant des mois, nous avons interpellé la Ministre et avons tenté d’adopter une approche constructive en proposant des solutions, des calendriers adaptés, etc. C’est pour cette raison que nous nous permettons aujourd’hui d’en appeler aux libéraux, et aux autres partis de la majorité, pour qu’ils rejoignent le camp de la sagesse en reportant cette réforme. Beaucoup d’acteurs de l’école demandent de pouvoir souffler, se ressourcer, avant de réussir, en toute sérénité et tous ensemble, la réalisation des nouveaux rythmes scolaires. Il ne faut pas être sourd, il faut être lucide.

Mathilde Vandorpe, Gladys Kazadi, Christophe de Beukelaer, Alda Greoli, Marie-Martine Schyns, Anne-Catherine Goffinet, André Antoine, Julien Matagne, René Collin, Christophe Bastin, François Desquesnes, Benoît Dispa

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