Bruxelles inaugure le premier centre d’accueil longue durée pour réfugiés ukrainiens

Le Vif

Le gouvernement bruxellois a officiellement inauguré lundi matin, dans un hôtel du quartier de la place du Luxembourg à Ixelles, un premier centre d’hébergement collectif de longue durée pour réfugiés ukrainiens, dont la gestion a été confiée au Samusocial. Un représentant de Gonzalo Vargas Llosa, chargé des Affaires européennes pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, était présent.

Le centre est opérationnel depuis le 4 juillet dernier. La structure accueille actuellement une centaine de bénéficiaires de la protection temporaire, mais cette capacité pourrait être augmentée jusqu’à plus de 150 personnes après la réalisation de certains aménagements.

Moyennant le paiement d’une contribution mensuelle de 225 euros par adulte et 75 euros par enfants, chaque famille est hébergée en chambre privative avec des sanitaires individuels. Des espaces collectifs sont prévus et les repas seront préparés sur place. Magali Pratte, représentante du Samusocial, a souligné que le modèle repose sur l’implication des résidents dans l’organisation de la vie commune et sur leur autonomie. 

Pour participer au bon accueil des quelque 50.000 réfugiés ukrainiens en Belgique, dont 17% vivent dans la capitale, le gouvernement bruxellois a mandaté le Samusocial, la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés et l’ASBL Communa, trois acteurs spécialistes des situations humanitaires d’urgence, pour faire vivre différentes structures d’accueil semi-autonomes afin de compléter et de prendre le relais de l’hébergement dans les familles.

« Ils vont y vivre le temps de trouver leur place dans le marché locatif, comme plus ou moins 2.000 personnes l’ont déjà fait parmi les 8.000 Ukrainiens qui habitent à Bruxelles et on sait à quel point c’est difficile », a précisé Pierre Verbeeren, coordinateur de la réponse Ukraine pour la Région. « Le logement durable et l’intégration sont deux gros défis à Bruxelles. (…) Cet accueil est une solution intermédiaire ».ù

Aventure humaine et administrative

D’ici la fin de l’année, environ 3.000 places devraient être disponibles dans une vingtaine de centres. Les familles seront orientées dans les structures d’hébergement bruxelloises par Bruss’help, l’organe régional de coordination de l’aide aux personnes sans-abri.

« Les questions liées au sans-abrisme, aux réfugiés et aux transmigrants sont des questions qui impactent Bruxelles plus que toute autre région du pays et donc nous avons voulu réfléchir à un modèle qui tienne compte de ce que nous vivons par ailleurs », a expliqué le ministre-président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort (PS), à l’initiative du développement de ce concept d’accueil. « C’est un budget de plus de 75 millions d’euros que la Région a mis à disposition des groupes de travail ».

Citydev, la SAU (Société d’Aménagement Urbain), la SLRB (Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale), la Régie foncière du SPRB (Service public régional de Bruxelles), Urban et Perspective et le Siamu Service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente) travaillent à aménager les bâtiments. « Il y a de l’aventure humaine et aussi une aventure administrative », a remarqué Benjamin Cadranel, administrateur général de Citidev, qui a fait valoir l’agilité requise pour mener à bien le projet. « C’est à cela qu’on doit servir: trouver des solutions immobilières aux problèmes de la ville« .

Un loyer d’environ 7.000 euros par mois est payé au propriétaire de l’hôtel du quartier de la place du Luxembourg, qui a été déclaré en faillite en mai. Le consortium régional assume aussi les charges et taxes inhérentes au bâtiment et à sa gestion.

Différents baux précaires seront négociés avec les différents propriétaires engagés dans ce projet. Il est déjà prévu que cinq autres hôtels plus petits ouvrent leurs portes aux Ukrainiens dans les semaines qui viennent. À cela s’ajouteront 11 bureaux réaménagés de 4.500 à 12.000 m2 qui sont répartis sur huit communes et cinq sites sur lesquels vont être implantés des logements modulaires. D’autres lieux pourraient encore venir enrichir cette offre.

À voir la grande cuisine dont dispose le premier hôtel, le bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis (Écolo) a remarqué qu’une fois les résidents bien installés, des formations en horeca ou pour des métiers en pénurie pourraient être envisagées: « Il y a la question de l’insertion professionnelle mais aussi de l’intégration dans le quartier ».

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