Lahbib © Belga

La N-VA réclame à la RTBF les documents et échanges sur le voyage de Hadja Lahbib en Crimée

Le Vif

Le chef de groupe N-VA à la Chambre Peter De Roover a écrit à l’administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot pour lui demander les documents et échanges internes au sujet du déplacement controversé de Hadja Lahbib, ancienne journaliste de la chaîne publique francophone devenue depuis ministre des Affaires étrangères, écrit Le Soir sur son site internet.

La cheffe de la diplomatie belge est au centre d’une polémique pour s’être rendue en 2021 en Crimée – une péninsule dont l’annexion par Moscou en 2014 a été condamnée par l’Occident – munie d’un visa russe pour assister à un festival culturel.

   Ce déplacement était aussi destiné à effectuer un repérage en vue du tournage d’un documentaire, que Mme Lahbib a renoncé à réaliser. Elle a tiré un billet radio du repérage, mais sans plus, les garanties d’indépendance n’étant pas suffisantes, écrivait Le Soir jeudi. La RTBF a de son côté indiqué que « le projet ne correspondait pas à nos critères déontologiques et éditoriaux ».

   Ces explications n’ont pas convaincu la N-VA, très active dans ce dossier. Le parti nationaliste flamand a donc réclamé à la RTBF les documents et échanges internes à ce sujet. Vendredi, le magazine Knack ajoutait que Mme Lahbib avait aussi effectué un voyage dans la ville russe de Sotchi, en février 2021. « Le courriel de M. De Roover est parvenu à M.Philippot », confirme la chaîne publique dans une réaction envoyée à Belga. Mais « la RTBF est une entreprise publique autonome de la Communauté française et ne relève pas de l’État fédéral : la demande formulée par M. De Roover ne peut s’exécuter de la sorte », ajoute la RTBF.

   « Ce bashing absurde et de basse politique doit cesser », a de son côté tweeté le président du MR Georges-Louis Bouchez, parti à l’origine de la nomination de Hadja Lahbib. Le Montois s’en est pris à deux prédécesseurs de l’ancienne journaliste au portefeuille des Affaires étrangères, Karel De Gucht et Willy Claes qui s’étaient exprimés à ce sujet dans Het Nieuwsblad. « Recevoir des leçons de la part de quelqu’un qui a dû démissionner de l’Otan à cause d’une affaire de corruption dépasse les limites de l’indécence (…) Et que dire du grand Karel De Gucht qui a multiplié les incidents diplomatiques tant il a fait des erreurs ? » « Redevenons un peu sérieux et si certains s’ennuient, qu’ils fassent de vraies analyses sur les enjeux de notre époque au lieu de ce jeu lamentable », a-t-il conclu.

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