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Office wallon des déchets : les réviseurs font offre de service

Jean-Marc Damry
Jean-Marc Damry Rédacteur au Vif L'Express

Les détournements de fonds à l’Office wallon des déchets laissent pantois. Les professionnels de l’audit sont prêts à apporter leur pierre à l’édifice de l’orthodoxie comptable.

A l’Office wallon des déchets, il en est visiblement un qui a trouvé le moyen de devenir scandaleusement riche sans pour autant cocher une seule grille du Lotto ! René Tonneaux, le comptable qui a détourné jusqu’à 2 millions d’euros sur plusieurs années. Tout ça parce que, sur la durée, la règle la plus éléentaire de gestion n’a pas été respectée : « Laissez une même personne s’occuper des flux d’argent et de la comptabilité, et vous risquez effectivement d’arriver à une situation de cet acabit », pointe Marc Bihain, secrétaire général de l’Institut des réviseurs d’entreprises (IRE). Au-delà des détournements, d’aucuns s’inquiètent, à juste titre, du manque de contrôle du fonctionnaire incriminé. La faute à la Cour des comptes ? « Force est de constater que si elle est effectivement prise à partie, je puis cependant vous assurer qu’elle accomplit son travail avec sérieux et indépendance, embraie Daniel Kroës, président de l’IRE. Et je le dis en connaissance de cause : les réviseurs ont régulièrement l’occasion de travailler de concert avec elle, notamment sur les comptes de la RTBF, de Proximus ou De Lijn. Reste qu’on lui demande de contrôler énormément de choses mais sans pour autant lui accorder les moyens financiers et humains à la hauteur du travail à accomplir. Et puis, je ne peux pas non plus passer sous silence que la Cour avait formulé des recommandations. Mais leur mise en pratique ne dépend évidemment pas d’elle. »

Tirer les leçons

La probabilité de rencontrer des problèmes comparables en Flandre est moindre, grâce à la mise en place d’Audit Vlaanderen (l’agence flamande de l’audit). « Sur le long terme, on constate en tout cas une amélioration du fonctionnement du secteur public, note Daniel Kroës. Et à l’heure où tout le monde veut plus de moyens financiers dans un contexte budgétaire étriqué, il n’est pas inopportun de voir si une partie de ceux-ci ne peut pas venir de plus de rigueur, d’un meilleur contrôle et d’une meilleure organisation ! » Coïncidence : le 17 mars, au siège de la Banque nationale, l’IRE tient une journée d’études sur la comptabilité publique et les défis du reporting financier des pouvoirs locaux. « Nous présenterons à cette occasion notre  »quick scan », une application dédiée au contrôle des pouvoirs locaux et dont le développement a été mutualisé par la profession. Dans les faits, elle permet notamment de dresser un état des lieux du contrôle interne. Un sujet bien d’actualité ! Mais elle permet aussi d’évaluer si la comptabilité est bien tenue, si les taxes et les impôts sont bien encaissés, etc. Cette application se veut à la fois simple et se focalisant sur des éléments importants. En tout cas, pour ses utilisateurs en phase de test, la valeur ajoutée est indéniable », conclut Daniel Kroës. Une offre de service en bonne due et forme.

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