© HATIM KAGHAT POUR LE VIF/L'EXPRESS

Mobilité à Waterloo-Braine-l’Alleud : bientôt la voie verte et les modes doux ?

Le Vif

La circulation est l’une des bêtes noires des communes de Braine-l’Alleud et de Waterloo. Le temps fera-t-il disparaître l’auto au profit du vélo ? Les échevins compétents souhaitent en tout cas renforcer la mobilité douce.

D’ici une quinzaine d’années, les embouteillages pour entrer dans Braine-l’Alleud aux heures de pointe ne seront peut-être plus qu’un lointain souvenir… Et pour cause, la création d’une pénétrante ouest, longue de 1,6 km, devrait voir le jour pour 2023.  » Première route bas carbone au monde « , affirme-t-on ici, elle comblera un besoin criant : celui de relier en un temps et une distance record l’ouest de la ville au centre-ville. Un projet qui dormait dans les cartons communaux depuis longtemps mais qui a récemment reçu le feu vert du Feder (Fonds européen de développement régional) pour les 2 000 tonnes de CO2 annuels qu’il permettra d’économiser.

Une nouvelle artère
Une nouvelle artère « bas carbone » reliant l’ouest au centre-ville, pourrait voir le jour, en 2023, à Braine-l’Alleud.© SDP

 » Cette toute nouvelle artère naîtra de la route Goette et coupera à travers champs pour relier la future zone économique créée par l’IBW (Intercommunale du Brabant wallon) au centre-ville, ce qui permettra par la même occasion de désengorger la chaussée de Tubize et de désenclaver le centre hospitalier (Chirec) « , indique Henri Detandt, l’échevin brainois en charge de la mobilité.  » Les modes doux seront aussi ajoutés au projet – comme ça le sera systématiquement à l’avenir -, de sorte qu’un espace sera prévu pour les piétons et les vélos « . Et le TEC envisage d’y faire rouler des bus à carburant non fossile.

Toujours dans cette optique d’accentuer les modes de transport doux au sein de la commune, le pôle scolaire – qui regroupe près de 500 élèves au sein du collège cardinal Mercier, de l’institut de la Vallée Bailly et de l’athénée royal Riva Bella – sera relié à deux pôles sportifs importants : le stade communal existant et la future piscine du Paradis (lire aussi page 82). Aux abords,  » en plus des trottoirs partagés piétons – cyclistes, une vingtaine de vélos partagés y seront disponibles pour que les élèves d’une classe puissent se rendre aux deux pôles sportifs sans devoir emprunter la route « , se réjouit Henri Detandt, convaincu de l’expansion du vélo mais surtout de la trottinette électrique.

Tout comme sa voisine brainoise, Waterloo prévoit d’accorder à peu près la même place à la voiture en 2030 qu’à l’heure actuelle, mais avec un éventail de modes de transport doux en prime.  » Waterloo bénéficiera d’un espace piéton élargi qui permettra de favoriser les piétons pour les activités en centre-ville au départ de parkings de délestage « , indique Cédric Tumelaire, l’échevin compétent pour la mobilité. Celui qui travaille aux côtés de Florence Reuter imagine également pour l’avenir  » des solutions de transport scolaires beaucoup plus généralisées ainsi que des navettes de bus entre les pôles urbains et en ville qui pourraient être mises en circulation prioritaire.  »

Pas de révolution à augurer cependant du côté de l’engorgement des grandes voies d’accès à Waterloo que sont la drève Richelle et la chaussée de Tubize.  » Dans dix à quinze ans, ce sera sans doute dans la même situation, car la population des communes avoisinantes augmentant, nous n’allons pas vers une diminution des usagers. Par contre, il faut espérer que les navetteurs seront plus nombreux à utiliser le train pour rejoindre la capitale ou à covoiturer.  »

Et d’enchaîner :  » Nous veillons aussi à mieux fluidifier les axes principaux et nous étudions actuellement les possibilités de rendre les carrefours plus performants, pour que les trajets des automobilistes soient plus efficaces. Les solutions qui utilisent les nouvelles technologies sont par ailleurs à l’étude, tel le téléjalonnement auquel je crois très fort.  »

Cédric Tumelaire, échevin (MR) de Waterloo chargé, entre autres, de la mobilité.
Cédric Tumelaire, échevin (MR) de Waterloo chargé, entre autres, de la mobilité.© HATIM KAGHAT POUR LE VIF/L’EXPRESS

Ainsi, une personne venant du nord de Waterloo (Rhode-Saint-Genèse ou Uccle), pourra par exemple choisir de venir à vélo, en voiture ou en transport en commun et sera informée sur son temps de parcours vers les lieux où se trouvent des emplacements de parkings disponibles. Ce dispositif d’information sera jumelé à  » une possibilité de navettes internes à la commune – les Proxibus – qui seront redéployées en phase avec les solutions de parking P+R (Park & Ride) « , complète l’élu.

Confiants pour le RER

Si les infrastructures entourant le futur RER (parkings, modes doux) sont déjà toutes quasiment sorties de terre à Braine-l’Alleud,  » nous envisageons en plus un bus qui ferait le tour des principaux pôles de la ville à toutes les heures du jour « , signale Henri Detandt.  » A l’heure actuelle, Braine-l’Alleud possède tous les avantages liés au RER (parkings, fréquence des trains vers Bruxelles…), même si nous aurons à l’avenir plus de trains qui desserviront les gares du parcours de et vers Bruxelles « , embraie celui qui était dans le passé chargé de projet chez Infrabel.  » Mais j’imagine que tout cela sera quasiment finalisé en 2030 « , déclare-t-il, confiant.

Même son de cloche du côté de Cédric Tumelaire, l’échevin waterlootois de la mobilité, mais avec une nuance toutefois :  » Je pense que le RER sera enfin en fonction et utilisé, mais de là à dire qu’il sera suffisant pour résoudre les problèmes de mobilité, c’est une autre histoire…  »

Par Annabelle Duaut.

Partner Content