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Maxime Prévot: « Le cdH sera la mouche tsé-tsé de la N-VA »

Le Vif

Un peu plus d’un millier de militants réunis à Louvain-la-Neuve ont élu samedi Maxime Prévot à la présidence du cdH. Le bourgmestre de Namur a recueilli 85% des suffrages exprimés face à quatre autres candidats: François-Xavier Blanpain, ancien conseiller du parti qui a récolté 9,7% des suffrages, Bashiru Lawal, Jan Lippens et Arthur Defoin.

A quelques mois des élections législatives, le nouveau patron des démocrates humanistes s’est montré optimiste, malgré de mauvais sondages. « C’est plus que jamais l’heure du cdH », a-t-il assuré, appelant les militants et mandataires à faire preuve d' »audace ». « Le cdH a connu des périodes plus fastes.

Mais nous savons que le cdH est une force, encore et toujours. Les dernières élections locales l’ont montré à bien des endroits, nous consolidant comme troisième force politique francophone. » Dans un discours aux accents programmatiques, le nouveau patron des démocrates humanistes a passé en revue ses priorités: l’emploi, la santé (« le cdH est et sera le parti de la santé »), la sécurité, la réforme fiscale ou encore l’environnement.

A la veille d’une nouvelle manifestation pour le climat, il a d’ailleurs dit toute l’importance de cette dernière préoccupation: « L’environnement doit irriguer systématiquement l’action de notre parti ». Les fondamentaux ne sont pas oubliés: « Le cdH ne cautionnera aucune réforme qui blesserait les intérêts du secteur non-marchand », a averti M. Prévot.

Quelques balises ont été posées. Il n’est ainsi pas question d’accepter une semaine des 4 jours payés 5 jours comme le propose le PS mais plutôt de proposer 4 jours plus un jour de formation ou 4 jours sans réduction du temps de travail. La mentor de M. Prévot en politique, Joëlle Milquet, avait considérablement ouvert son parti à la diversité. L’héritage n’est pas renié. Mais le nouveau président insiste: il faut se montrer intransigeant sur le respect des valeurs « puisées dans l’héritage judéo-chrétien de la vieille Europe que nous n’avons aucune raison de renier ». « Notre tradition d’accueil doit être assumée avec fierté mais sans fausse naïveté (…) Il faut être respectueux des valeurs des autres mais aussi avec les nôtres. » Le président sortant, Benoît Lutgen, avait quant à lui résolument positionné le cdH comme le parti de la ruralité. Le maïeur de la capitale wallonne n’oublie pas cette dimension mais il ajoute: « le rôle des villes doit aussi être réhabilité et renforcé ».

A l’heure où des revendications institutionnelles sont à nouveau exprimées, le nouveau président entend, lui, se concentrer sur les questions sociales, environnementales et économiques. « Le cdH sera la mouche tsé-tsé de la N-VA. Nous endormirons ses volontés séparatistes et redresserons la situation socio-économique de la Wallonie et de Bruxelles pour définitivement tuer ses aspirations autonomistes ». L’ex-PSC est le premier parti politique qui, en 1970, a élu son président au suffrage universel de ses membres.

Il s’agissait alors de Charles-Ferdinand Nothomb, présent samedi dans l’auditoire où se tenait le congrès. L’édition de 2019 a donné lieu à un débat public, où les accents ont varié entre rhétorique militaire (M. Defoin) et mises en garde contre la N-VA (M. Lippens), expression de regrets face à un cdH qui se réduirait trop souvent à être la 5e roue de la charrette (M. Lawal) et exercice de communication bien rodé où il est question de « réponses, humaines, concrètes et positives » aux enjeux d’aujourd’hui (M. Blanpain). Le nouveau président sera sans doute tête de liste aux élections à la Chambre. Interpellé sur le cumul avec ses autres mandats, il a assuré que jamais aucun de ses administrés ne s’était plaint de son manque de disponibilité. Il aura à l’avenir une « jambe sur le terrain et une autre dans les lieux de décision politique ».

Belga

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