Manifestation nationale: un comité se tiendra le 28 juin pour décider de la suite de la mobilisation

Le Vif

Un comité fédéral se tiendra le 28 juin à la FGTB pour décider des prochaines étapes de la mobilisation. C’est ce qu’a indiqué le président du syndicat socialiste Thierry Bodson, alors qu’il quittait la manifestation nationale pour le pouvoir d’achat.

« A partir de demain, nous allons retourner voir nos militants et demander qu’ils prennent la température auprès des travailleurs », a indiqué le président de la FGTB. « L’objectif est de déterminer si nous pouvons obtenir la mobilisation nécessaire et jusqu’où nous pouvons aller. »

Du personnel soignant aux cheminots en passant par les enseignants, les aides-ménagères ou encore l’industrie… La manifestation a attiré des secteurs variés venant des quatre coins du pays. 

Entre 70.000 et 80.000 personnes se sont rassemblées lundi dans le centre de Bruxelles, selon les estimations respectivement de la police et des syndicats. Ces derniers avaient appelé à manifester pour défendre le pouvoir d’achat des travailleurs et réclamer une modification de la loi sur la norme salariale qui « étouffe » la négociation des salaires, selon eux.

Pour la FGTB, la manifestation est une « réussite absolue » en termes de nombre. La dernière manifestation de cet acabit remonte à 2015, sous le gouvernement Michel.

Pour la secrétaire générale de la CSC Marie-Hélène Ska, il s’agit d’une « belle mobilisation » qui prouve que les revendications des syndicats sont « sérieuses ». « Nous attendons désormais une réponse adéquate. »

La CSC ne se prononce pas encore sur la poursuite des actions à la rentrée et se concentre plutôt sur l’audition des syndicats au parlement fédéral le 29 juin prochain, a ajouté Mme Ska.

Évolution des salaires

« Pas touche à l’indexation automatique des salaires », ont clamé les responsables syndicaux pendant leurs discours, qui se sont tenus au début du rassemblement.

Le point de départ de la manifestation, c’est la loi de 1996 qui encadre l’évolution des salaires en Belgique. L’objectif de cette loi est de maintenir les salaires dans des marges acceptables pour ne pas compromettre la rentabilité des entreprises belges en comparaison avec les pays voisins. Ainsi, la marge maximale pour l’évolution du coût salarial avait été fixée à 0,4% pour la période 2021-2022. Cela signifie que les salaires de tous les secteurs d’activité ne pouvaient pas augmenter de plus de 0,4% en deux ans (hors indexation). Pour les syndicats, cette règle a fait son temps. Ils voudraient la voir sauter avant le prochain accord interprofessionnel (AIP) 2023-2024, car ils craignent une marge maximale encore plus faible.

Au-delà des négociations salariales, les revendications du front commun s’étendent au pouvoir d’achat en général. Les représentants des travailleurs veulent que le gouvernement s’empare du prix de l’énergie et ils exigent que soit revue à la hausse l’intervention des employeurs dans les frais de déplacement. Ils veulent aussi que les négociations sur l’enveloppe bien-être (budget du gouvernement pour augmenter les allocations sociales) soient découplées de l’accord interprofessionnel. Ils auront une autre occasion de convaincre le 29 juin au parlement fédéral, où ils sont auditionnés après avoir récolté 87.390 signatures pour des « négociations libres et solidaires sur les salaires bruts ». « Si la mobilisation est bonne, c’est parce qu’au cours de ces six derniers mois, le spectre des travailleurs qui se sentent interpellés par le pouvoir d’achat a fortement grandi », jauge Thierry Bodson.

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Ils dénoncent

« Beaucoup de personnes puisent actuellement dans leurs réserves, pour peu qu’elles en aient. Beaucoup sont fragilisées et ont du mal à vivre », a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. 

Les syndicats dénoncent notamment l’opacité autour des prix de l’énergie en Belgique, où ils sont plus hauts que dans les pays voisins. « Faisons la transparence sur la facture d’énergie et changeons-la », a dit Marie-Hélène Ska. 

Le syndicat chrétien dénonce aussi les frais de déplacement, que 20% des travailleurs prennent à leur charge. « Nous disons: stop au fait de payer pour travailler. Il faut que tout le monde puisse vivre de son travail. » « Nous passons d’une crise à l’autre et les travailleurs sont toujours au coeur de la tempête », a renchéri Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB.

Les syndicats craignent une norme salariale proche de 0% pour le prochain accord interprofessionnel (AIP) 2023-2024. Cela signifie que les salaires n’augmenteraient pas plus que l’index. « Cette marge est étouffante », a déclaré Olivier Valentin. « On dit 0% pour le prochain AIP. Par contre, pour les dividendes, c’est ‘open bar’. »

Les responsables syndicaux ont promis un automne « chaud » s’ils ne sont pas entendus par le pouvoir politique et le patronat.

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