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Limitation d’achats dans les supermarchés : une mesure trop prématurée ?

Stagiaire Le Vif

Plusieurs supermarchés belges ont décidé de réguler l’achat de certains produits comme la farine et l’huile. Une mesure qui survient alors qu’aucune pénurie n’a été déclarée. Les grandes surfaces concernées ont pris cette décision afin d’anticiper toute rupture de stock. Mais cette régulation est-elle nécessaire/justifiée ?

ColruytGroup annonçait ce vendredi limiter l’achat d’huile et de farine dans ses magasins Colruyt et Okay. Chaque client ne pourra emporter que deux paquets de farine et deux bouteilles d’huile. La chaîne a pris cette décision après avoir constaté d’importants changements dans la consommation de ses clients, avec une tendance à acheter en gros volume. La Russie et l’Ukraine représentant 30% des exportations mondiales de blé, beaucoup de craintes subsistent autour d’une potentielle pénurie et une augmentation des prix.

Tout comme le magasin Lidl qui a suivi cette direction, il s’agit d’une mesure préventive car il n’y a pas de rupture de stock constatée à ce jour. Lidl, en plus de la limitation de ces deux produits, a également incité ses clients à ne pas exagérer sur le nombre de conserves de légumes et de paquets de papier toilette… Probablement en raison du souvenir des rayons vides que les supermarchés avaient connus au début de la crise du Covid.

D’autres magasins comme Carrefour et Aldi ont annoncé qu’ils limiteraient les achats, rapporte ce lundi l’agence Belga. Les clients du magasin Aldi ne pourront plus acheter au-delà de trois unités d’huile, de farine de blé ou de préparations pour pain. Cette décision intervient en raison d’un pic soudain des ventes, qui empêche la chaîne logistique de suivre le rythme. Une situation qui pourrait être due aux mesures annoncées précédemment par les autres supermarchés. C’est l’effet que le groupe Delhaize redoutait. Selon l’enseigne, la priorité est de rassurer les clients en évitant des effets de panique. En mettant en avant le pire scénario (une rupture de stock), les clients risquent de se mettre en tête que ça arrivera, et feront des achats en grosse quantité. Le magasin ne constate pas encore de rupture de stock et ne veut donc pas prendre de mesures hâtives. Le porte-parole insiste tout de même sur le fait qu’il faut rester calme et solidaire, et que « tout est mis en oeuvre pour anticiper les éventuelles pénuries ».

Pour Comeos, la fédération du commerce et des services en Belgique, la limitation de produits pourrait être une solution car les pénuries qu’on observe dans les rayons sont davantage liées à la demande qu’à l’offre. Le problème est que, dès qu’il a été question d’éventuelles pénuries, les clients se sont inquiétés. « On a vu la même chose en mars 2020 », rappelle le porte-parole de Comeos, « on a du visiter un dépôt pour montrer aux gens qu’il y avait assez de produits ». Reste à savoir si la limitation des produits aura un effet positif ou au contraire, incitera les clients à faire du stock à tout prix.

Sarah Duchêne

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