Au centre, Claude Van de Voorde, président du SGRS

Les renseignements militaires et la Défense belges accusés de saboter des opérations de contre-espionnage

Dans une note enflammée, des vétérans et des recrues actuelles du Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS, renseignements militaires) s’en prennent à leur hiérarchie, qu’ils accusent d’aller jusqu’à faire capoter des opérations de contre-espionnage. C’est ce que révèle De Tijd, jeudi.

Cette note de dix pages que De Tijd a consultée a été rédigée par un groupe de vétérans et de collaborateurs actuels du SGRS. Le document a été envoyé à pratiquement tous les partis politiques ainsi qu’aux institutions internationales comme l’Union européenne ou l’Otan. Il s’agirait d’une ultime tentative de contrer une réorganisation jugée abusive au sein du service.

Le mémorandum contient des accusations sur la situation du SGRS et de la Défense, qui, selon les auteurs, a « évolué de mal en pis » depuis 2012. « Le commandement militaire a déjà saboté des opérations de contre-espionnage », lit-on. La Division du contre-espionnage du service de renseignement militaire vérifie notamment si les militaires ne sont pas sous l’emprise d’autres pays ou de services de renseignement étrangers.

« Mais il existe de nombreux exemples où le travail de cette division a été entravé parce que la loyauté dans les cercles militaires l’emporte souvent sur le respect des règles, des règlements et des lois. » La note fait notamment référence à la relation pour le moins ambiguë avec la Turquie ou le rapprochement du service de renseignement militaire avec les milices kurdes, sans couverture politique, qui avait déjà coûté la tête du précédent chef du SGRS.

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