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Les enfants visés par les nouvelles mesures: « Vous n’êtes pas responsables » de l’épidémie

La ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles Caroline Désir a tenu à rassurer les enfants, vendredi soir sur le plateau du JT de RTL Info. « Vous n’êtes pas responsables » de l’épidémie de Covid-19 alors qu’ils ont beaucoup été pointés du doigt ces derniers temps comme « moteurs » de la propagation du virus. Elle a également regretté que l’enseignement soit « le seul secteur à nouveau lourdement mis à contribution ».

Si de nombreuses contaminations sont détectées chez les 0-9 ans, cela s’explique simplement parce qu’ils n’ont pas encore eu accès à la vaccination, a souligné Mme Désir. « Vous n’êtes pas responsables (…), ce n’est pas de votre faute », a-t-elle adressé aux enfants. Les mesures prises – port du masque dès 6 ans, hybridation de l’enseignement supérieur, congés anticipés pour le maternel et le primaire – « ne sont pas une punition, il ne faut pas le vivre comme ça », a-t-elle demandé.

« On sait que c’est difficile, le port du masque c’est difficile, mais on va vous aider », a promis la ministre, ajoutant qu’il avait été demandé aux instituteurs et institutrices d’accompagner les élèves, notamment en permettant des moments de pause. « C’est à nous, adultes, à prendre nos responsabilités, à nous protéger, à respecter les gestes barrières, à limiter nos contacts entre adultes », a-t-elle plaidé. « On va essayer ensemble de franchir ce cap. »

La ministre Désir a aussi tenu à s’adresser aux adolescents, confrontés au retour d’un enseignement hybride entre présentiel et distanciel à partir de mercredi « s’il n’y a pas d’examens ». Les évaluations se tiendront en effet en présentiel. Ce mode hybride est mis en place « pour une durée limitée dans le temps. Ce n’est pas le modèle que nous voulons », a insisté Caroline Désir, soulignant que cet enseignement avait été difficile à vivre tant pour les adolescents que pour le corps professoral l’an dernier. « On vous demande de nous aider à passer le cap, ces efforts sont demandés pour retrouver une scolarité normale. »

« On arrivera à redémarrer en janvier en présentiel », a pronostiqué la ministre, optimiste.

Ben Weyts: « Le port masque pour les enfants, c’est dur à accepter »

Le ministre flamand de l’Education, Ben Weyts (N-VA), a déploré la décision du comité de concertation d’imposer le port du masque en classe dès l’âge de six ans.

« Vous ne pouvez pas attendre d’un ministre de l’Éducation qu’il applaudisse aujourd’hui. L’obligation du port du masque pour les enfants dès six ans, c’est dur à accepter pour moi », a commenté le nationaliste flamand.

M. Weyts n’est pas non plus satisfait de la décision du Codeco d’anticiper d’une semaine les vacances de Noël pour l’enseignement fondamental.

« J’aurais préféré que les écoles qui le souhaitent puissent avoir la possibilité de continuer à donner cours durant la dernière semaine. Mais c’est manifestement le sacrifice qu’il a fallu concéder pour maintenir les écoles ouvertes. Si cela n’avait tenu qu’à certains, nos écoles auraient été fermées dès lundi! Cela ne se produira finalement pas », s’est-il encore félicité.

Bernard De Vos: « Les enfants ont été oubliés dans toutes les communications officielles »

« Je demande à nouveau aux politiques de prendre la peine de s’adresser aux enfants et aux jeunes pour leur expliquer correctement les décisions qui viennent d’être prises, avec empathie », enjoint vendredi le Délégué général aux droits de l’enfant en Communauté française, Bernard De Vos.

« Depuis le début de la crise, les enfants et les jeunes ont été oubliés dans toutes les communications officielles publiques », confie-t-il à Belga. « On continue à renvoyer chaque enfant, chaque jeune et sa propre souffrance individuelle, vers des services d’aide psychologique qui sont totalement débordés, sans tenir un discours collectif et empathique à leur intention. J’ai demandé des dizaines de fois que des conférences de presse adaptées aux jeunes puissent se tenir ou qu’on communique avec eux via les réseaux sociaux, par exemple ».

Le Délégué déplore également l’obligation du port du masque dès l’âge de six ans. « Je peux comprendre la gravité de la situation. Mais s’il y avait une telle urgence, pourquoi ne pas avoir choisi de fermer les écoles dès lundi ? Je ne comprends pas bien la logique de la décision ». De façon plus générale, il souhaite que le gouvernement implique les jeunes dans ses prochaines prises de décision. « Même si le gouvernement n’a pas la possibilité de questionner tous les jeunes de Belgique, qu’on laisse des associations de terrain compiler des avis et les faire remonter. Leur participation et leur reconnaissance est importante« .

La Commissaire aux droits de l’enfant en Flandre, Caroline Vrijens, trouve elle aussi que les nouvelles décisions sont « difficiles à avaler ». « S’il s’avère que les activités parascolaires sont totalement interdites, ce serait très radical. En revanche, les événements jusqu’à 200 personnes et les sorties sont autorisés. Je comprends que ce sont des décisions très difficiles à prendre, mais je demande que le bien-être des enfants et des jeunes soit pris en compte ». Elle appelle également à « la prudence » quant à l’obligation du port du masque dès six ans. « Je suppose que le Comité de concertation n’avait pas d’autre choix. Le plus important est que les écoles puissent rester ouvertes. (…) Je préconise que l’on réévalue rapidement tout cela et que l’on adapte les mesures dès que cela sera à nouveau possible », précise-t-elle.

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