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Le Covid semble loin: pourtant, les hôpitaux sont à nouveau sous pression

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

Le nombre d’hospitalisations Covid augmente à nouveau, à l’instar des cas de grippe. Alors que le pic de la pandémie semble loin derrière nous, les hôpitaux sont à nouveau sous forte pression. Le manque de personnel n’est pas étranger au problème.

Le coronavirus semble petit à petit s’éloigner de notre vie quotidienne. Bas les masques, retour à une vie sociale pleine et suppression du CST. Et pourtant… les hôpitaux sont à nouveau sous haute pression. Au point que le Gems ait demandé, plus tôt cette semaine, un retour au code orange du baromètre.

Que disent les chiffres Covid en Belgique ? Aux soins intensifs, tout reste sous contrôle. Avec une occupation de 172 lits la semaine dernière, on se situe toujours confortablement en-dessous de la limite de 300 pour le code orange.

Sous pression… depuis des semaines

Jeudi dernier, 267 hospitalisations pour Covid ont été enregistrées : un chiffre qui, lui, signifierait un retour au code… rouge. Si la pression est sous contrôle en unité de soins intensifs, c’est donc les hospitalisations classiques qui posent problème. D’autant plus qu’un autre invité encombrant est apparu ces dernières semaines : la grippe, dont l’épidémie a été confirmée en Belgique. On ajoute à cela les autres maladies respiratoires qui ont commencé à circuler pleinement avec la disparation des mesures. Et on obtient un cocktail parfait pour un nouvel encombrement des hôpitaux.

« La différence entre la façon dont les gens le vivent et la réalité dans les hôpitaux est grande. On vit en réalité avec cette pression depuis des semaines », déclare au Morgen le directeur général de l’hôpital AZ Turnhout. Il ajoute que, comme de nombreux collègues, il doit faire face à un absentéisme croissant parmi le personnel. Touché par le corona ou la grippe. Beaucoup ont également abandonné pour cause de burn-out. Depuis plus de deux ans, tout le système de soins de santé a été mis à rude épreuve. Et la casse est conséquente.

Absentéisme et report de soins

L’absentéisme parmi le personnel hospitalier a de nouveau augmenté pour atteindre 13% dans la semaine du 22 mars. A la mi-février, au pic de la vague Omicron, on notait 15 % d’absentéisme, chiffre le plus élevé depuis le début de la crise sanitaire. Actuellement, il semble que ce pourcentage continue d’augmenter.

Résultat, plusieurs hôpitaux doivent à nouveau reporter les soins. En fait, la pression ne s’est jamais relâchée ces dernières semaines. Chaque jour, certains hôpitaux doivent reconstituer un puzzle et voir ce qui est possible le lendemain. Des soins doivent parfois être reportés en dernière minute.

La pénurie de personnel est accentuée par le fait que les patients avec le covid ou la grippe doivent être isolés pour éviter de nouvelles infections. Ce qui nécessite donc une main-d’oeuvre supplémentaire.

En parallèle, certains hôpitaux constatent que leur service des urgences est plus surchargé que d’habitude. Parce que les médecins généralistes sont débordés par les nombreux cas de grippe et de covid, de nombreuses personnes se rendent directement aux urgences. On parle d’un afflux aux urgences jusqu’à 15 % supérieur à la normale.

D’autres facteurs

Un dernier facteur, plus inattendu, pourrait accroître la pression sur les hôpitaux : la crise ukrainienne. Comme nous l’évoquions ici, la guerre représente également un enjeu sanitaire. Car beaucoup de réfugiés auront également besoin d’une aide médicale. Alors que leur statut vaccinal (covid et autres) est souvent méconnu.

La grande question est de savoir comment la situation évoluera après les vacances de Pâques, lorsque de nombreuses personnes reviendront de vacances et que les écoles rouvriront. Un nouveau Comité de concertation est prévu le 22 avril prochain. Pour le retour de certaines mesures?

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