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La sortie du nucléaire, un noeud au sein de la Vivaldi

Olivier Mouton
Olivier Mouton Journaliste

Des réunions entre cabinets ministériels se penchent sur les premières clés pour évaluer les conditions de la fermeture des centrales. La pression monte pour maintenir certaines d’entre elles ouvertes.

La Belgique doit toujours concrétiser la volonté politique de sortir du nucléaire, engrangée par les écologistes au début des années 2000. Un engagement à mettre en balance avec la nécessité de respecter les objectifs climatiques, dont l’ambition a été revue à la hausee, et le développement d’alternatives suffisantes en matière d’énergies renouvelables. Sans oublier une clé importante: le prix de l’électricité.

La Vivaldi, dans son accord de gouvernement, a confirmé l’objectif de sortie du nucléaire. Avec quelques nuances importantes, laissant la porte ouverte au maitien de certaines centrales.

L’enjeu de l’évaluation

Une certitude: à partir de 2022, la fermeture des centrales nucléaires débutera, bel et bien. D’ici 2025, cinq des sept réacteurs seront éteints, mais il reste une décision à prendre concernant les deux plus jeunes réacteurs. Certaines centrales pourraient être prolongés en échange d’un Fonds pour la transition énergétique, par exemple.

Le sujet est au coeur d’arbitrages délicats entre experts des cabinets ministériels. Des réunions tendues ont déjà lieu pour l’instant, avec quelques balises importantes.

Tout d’abord, il s’agit de prévoir le « monitoring » de la situation pour envisager la planification de la suite. La ministre en charge, Tinne Van der Straeten (Groen), plaide pour une évaluation cet automne, en novembre, mais d’autres souhaitent un monitoring permanent. C’est ce qui est pévu dans l’accord de gouvernement, précise-t-on dans les rangs libéraux

L’autre noeud concerne le mécanisme de rémunération de capacité (« CRM »). En 2021, la Belgique a introduit ce mécanisme afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité après la fermeture prévue des centrales, tout en soutenant la transition énergétique. Cela se fait via des enchères annuelles, en cours. Sera-ce soutenable? Telle est la question.

En toile de fond, la question du prix de l’électricité pèse de plus en plus lourd: l’augmentation récente appuie l’argumentation de ceux qui plaident la prudence.

Maintenir des centrales ouvertes

L’enjeu majeur? La Vivaldi devra bien se prononcer, à un moment ou l’autre, au sujet du flou concernant le maintien en vie ou non de certaines centrales.

Si Doel 3 et Tihange 2 fermeront forcément leurs portes, nous dit-on, d’autres comme Tihange 1 ou Doel 1 et 2 ont fait l’objet de travaux qui leur permettent de subsister une vingtaine d’années en toute sécurité.

Marie-Christine Marghem, ancienne ministre fédérale devenue députée MR et présidente du MCC, critique depuis quelques jours le « dogmatisme » vert. Elle salue ce mardi encore le changement de position de Yann Arthus Bertrand et ajoute: « Il est plus que temps que les sources d’énergie décarbonées soient utilisées dans la lutte contre le dérèglement climatique! ». Un signe.

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Politiquement, murmure-t-on encore, le débat est aussi interne aux écologistes, entre Groen et Ecolo, entre pragmatiques et dogmatiques, où l’engagement de fermer toutes les centrales et la possibilité de concilier cette promesse avec le respect des objectifs climatiques est un débat plus délicat que dans tous les autres partis.

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