Opinion

Mélanie Geelkens

La sacrée paire de Mélanie Geelkens: l’incroyable histoire du couple qui a révolutionné le plaisir sexuel féminin (chronique)

Mélanie Geelkens Journaliste, responsable éditoriale du Vif.be

Brigitte et Michael Lenke, deux septuagénaires allemands, sont devenus riches grâce à une invention révolutionnaire: le Womanizer. Soit le premier sextoy de forme non phallique, qui se centre sur le clitoris. Succès commercial immédiat. « Nous avons changé beaucoup de choses dans la société », constate Michael Lenke.

Quand un journaliste lui demande de se présenter, elle répond: « Je suis la femme de l’inventeur. » Réaction féminine classique: minimisation, dévalorisation. N’empêche, sans Brigitte Lenke, pas sûr qu’autant de femmes prendraient aujourd’hui leur pied. Car c’est elle qui a testé tous les prototypes du Womanizer, et faut voir les bazars. Un embout en plastique blanc et une drôle de batterie, reliés par un long tube transparent… Pas vraiment le genre d’engin qui donne envie d’être collé sur le clitoris. Encore moins en sachant qu’il s’agissait, à l’origine, d’une pompe d’aquarium bidouillée, puis d’un mouche-bébé revisité.

Mais, effectivement, l’idée d’aller titiller cet organe aux huit mille terminaisons nerveuses, c’est son mari qui l’a eue. Michael Lenke, 72 ans aujourd’hui, avait lu, en 2013, une étude scientifique américaine affirmant (attention: scoop!) que plus de la moitié des femmes éprouvaient des difficultés à atteindre l’orgasme. Alors cet Allemand, du fin fond de sa cave en Bavière, avait commencé à lire tout ce qu’il dénichait sur le sujet et à interroger des gynécologues. Pour en arriver à la conclusion que ces dames, en matière de jouissance, n’avaient aucun besoin phallique, mais qu’il fallait s’attaquer à ce que les prudes surnomment leur « bouton de rose ».

Pas non plus comme un bourrin, avec des engins vibrants qui pourraient quasi servir de défibrillateurs. Michael Lenke a mis au point un émetteur d’ondes de pression d’air, soit un système de stimulation-aspiration en douceur, sans contact. Et ça, c’est grâce à son épouse Brigitte, qui a testé tous les prototypes, y compris le tout premier, qui n’avait qu’une seule puissance, la maximale. « Insoutenable! », a-t-elle récemment raconté au média en ligne Konbini.

Au bout d’un an d’essais-erreurs, le Womanizer était au point. Le couple Lenke a ensuite gagné de l’or en barre, merci Brigitte! Car Michael voulait le vendre genre 99 euros, mais son épouse avait insisté: le produit était trop bon – elle savait de quoi elle parlait: le premier jour où il avait été fonctionnel, elle l’avait testé dix fois d’affilée -, il fallait viser plus haut: 199 euros! « Non, non, c’est beaucoup trop. » « Ton invention fait tellement de bien, ça a un prix. » Jamais un sextoy n’avait coûté si cher.

Ils avaient honoré tant de commandes qu’ils en ont frisé le burnout. Mais ils avaient surtout reçu des lettres, des milliers, assurent-ils. Des remerciements émus: enfin – parfois pour la première fois – les utilisatrices avaient joui. « Petit à petit, relate Michael Lenke, je me suis rendu compte que c’était une invention très importante, parce qu’elle a changé beaucoup de choses dans notre société. D’un coup, les femmes ont commencé à parler de leurs problèmes avec des amies ou en faisant des rencontres et elles ont discuté du Womanizer. Parce qu’un godemiché, ça symbolise le phallus, donc l’homme. Et ça, c’est un problème. Beaucoup de femmes ne veulent pas en entendre parler dès lors qu’il s’agit de leur propre plaisir. » Ou comment combler les lacunes du pénis (ou de son propriétaire).

Voilà ce qui arrive, quand on écoute les besoins féminins. On peut devenir plein aux as. Il s’écoulerait désormais environ quatre millions de Womanizer chaque année. Michael et Brigitte Lenke ont revendu leur entreprise au bout de trois ans. Ils vivent désormais dans leur villa, à Majorque. Michael vient de sortir un nouveau produit: un simulateur de fellation. Au succès commercial apparemment mitigé. Sans doute parce que les hommes, eux, n’ont jamais vraiment eu de souci de jouissance.

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Le père du tiramisu était une mère

Ado Campeol, l’inventeur du tiramisu, est décédé le 1er novembre, à 93 ans. Paix à son âme. Sauf que le célèbre dessert, en réalité, c’est sa femme Alba Di Pillo qui l’avait imaginé dans sa cuisine, avant que son mari ne le propose à la carte de son restaurant. Combien d’articles seront rédigés à son sujet?

51%

des femmes se sentent coupables envers leurs enfants lorsqu’elles doivent travailler de longues heures ou rester plus tard que prévu au bureau, selon un sondage publié, début novembre, par l’agence de communication anversoise Team Lewis. Ils ne sont, par contre, que 34% des hommes à ressentir le même malaise. Par ailleurs, 26% des femmes mais seulement 13% des hommes ont indiqué avoir changé d’emploi pour pouvoir passer plus de temps avec leurs enfants.

La Belgique n’ aime pas les ambassadrices

Depuis deux ans, à l’initiative d’un eurodéputé allemand, le SHEcurity Index évalue la présence d’ambassadrices à travers le monde. Qui ne constituent qu’un quart de effectifs diplomatiques. Et ce n’est pas la Belgique qui fera augmenter la moyenne: notre pays n’en compte que 11%, derrière le Kirghizistan (13%) et le Chili (14%). Et bien loin de la Finlande et de sa quasi-parité (48%).

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