Johan Klaps © BELGA

La N-VA veut combler le déficit budgétaire d’1,4 milliard: « Il reste encore de quoi ramasser au niveau de la sécurité sociale »

Stavros Kelepouris
Stavros Kelepouris Journaliste pour Knack.be

Pour le député Johan Klaps (N-VA), la réintégration de malades de longue durée a encore beaucoup de progrès à faire. Son parti veut « continuer à montrer de l’ambition en une année électorale ».

Selon les calculs du Comité du monitoring, notre pays a du retard dans ses objectifs budgétaires. L’année serait clôturée par un déficit de 3 milliards d’euros, mais avec les mesures actuelles le gouvernement échouerait avec un déficit supplémentaire de 1,4 milliard d’euros. Ce contretemps n’était pas prévu.

Cependant, le Comité du Monitoring a également fourni un scénario au gouvernement, qui lui permettrait de ne chercher que 714 millions d’euros. Cela signifierait que le déficit structurel dans le budget demeure au niveau de 2017. En outre, ce montant peut être encore baissé par quelques astuces techniques budgétaires. Ainsi, le Comité du monitoring exclut certains postes du budget parce qu’ils ne seraient pas structurels, mais c’est une mesure ouverte à la discussion. Ce scénario est nettement plus facile à digérer en une année électorale, parce que c’est un moment où peu de partis ont envie d’économies lourdes.

Cependant, la N-VA souhaite que le gouvernement reste alerte et insiste auprès de la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR), pour chercher tout de même 1,4 milliard. « Cela doit être notre point de départ, le minimum du minimum, estime le député N-VA Johan Klaps. « Ce qu’on fait maintenant, on ne doit pas le faire l’année prochaine – car l’année prochaine ne sera pas plus facile », déclare-t-il en citant l’année électorale 2019. Le climat financier favorable de ce moment doit être pour Klaps une raison supplémentaire pour tirer le maximum de cette législature. « Si vous ne le faites pas quand ça va bien, alors quand ? »

À la Chambre, Klaps a souligné qu’au niveau recettes, le budget respecte le calendrier, mais que les dépenses sont toujours excessives. Et qui dit dépenses, dit sécurité sociale. « C’est effectivement le plus grand poste. Il reste encore de quoi ramasser dans la sécurité sociale. » C’est en partie à cause de la sécurité sociale que le déficit budgétaire s’est révélé beaucoup plus important que prévu, notamment suite à une indexation inattendue qui a obligé le gouvernement à payer des allocations de chômage et des indemnités de maladie plus élevées.

Il reste beaucoup de possibilités, déclare la N-VA, mais il ne faut pas tailler « grossièrement. » Selon le parti, la réintégration de malades de longue durée est toujours défaillante. En dirigeant plus de malades vers un travail adapté, la N-VA souhaite créer un double effet : non seulement l’état doit payer moins d’indemnités, mais les travailleurs paient plus d’impôts.

Pour Klaps, le principal c’est que le gouvernement continuer à faire preuve d’ambition et de volonté politique. C’est pourquoi son parti plaide en faveur d’un effort budgétaire maximum. « Si nous n’y arrivons pas, ce ne sera pas de la faute de notre parti. Mais nous sommes quatre partis du gouvernement, je ne peux pas regarder dans leur tête. »

Pour l’instant, le rapport du Comité du Monitoring n’agite guère le gouvernement. La ministre Wilmès a déclaré à la Chambre que les experts analysent le rapport en détail pour étudier l’ampleur de l’effort. Elle a souligné que le Comité du Monitoring avait complimenté l’assainissement budgétaire réalisé par le gouvernement au cours des dernières années, en réduisant le déficit structurel de 3 à 1.

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