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La ministre de l’Energie veut fermer les centrales nucléaires belges en 2025

Le Vif

Tinne Van der Straeten rejette l’option d’une prolongation de deux réacteurs, qui ne présenterait aucune perspective de durabilité en termes de déchets rétroactifs.

La ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten, plaide pour la fermeture des sept réacteurs nucléaires belges d’ici 2025. Dans une note remise au comité ministériel restreint et qui accompagne le rapport du SPF Économie, elle propose que « le gouvernement confirme le calendrier de sortie prévu par la loi ». En d’autres termes, elle rejette l’option d’une prolongation de deux réacteurs qui n’offrirait pas, selon son analyse, une sécurité d’approvisionnement suffisante, coûterait un prix actuellement inconnu et ne présenterait aucune perspective de durabilité en termes de déchets rétroactifs.

Des mesures d' »atténuation » sont proposées, notamment pour affiner le cadre juridique du Mécanisme de Rémunération de Capacité (CRM) qui doit permettre de remplacer le nucléaire. La ministre insiste également sur la mise en oeuvre sans délai de la norme énergétique pour garantir le prix de l’énergie, des décisions prises en matière d’éolien en mer et d’hydrogène renouvelable.

Un impact sur les prix très limité

L’impact sur les prix sans le nucléaire est « très limité », selon Mme Van der Straeten qui s’appuie sur le rapport de l’administration. Quant à la sécurité d’approvisionnement, les deux options (sortie complète en 2025 et prolongation de deux réacteurs) « présentent des incertitudes quant aux permis ». Dans le cadre du CRM, une incertitude demeure en effet à propos du projet de centrale au gaz de Vilvorde, l’une des nouvelles unités de production issues des premières enchères, dont le permis a été refusé. « Nous avons encore une fenêtre de temps pour résoudre ce problème. Pas très longue, mais elle est là », dit la note.

La prolongation de deux réacteurs pose des problèmes encore plus importants: avec l’Europe, puisque le feu vert européen au CRM repose sur la sortie complète du nucléaire, la loi doit être modifiée, les procédures de consultation doivent être menées sans compter les discussions avec l’exploitant Engie qui ne veut pas s’engager dans cette voie, etc. La prolongation « risque d’arriver trop tard pour garantir la sécurité d’approvisionnement au cours de l’hiver 2015-2026″, selon la note.

Qui plus est les enchères réalisées dans le cadre du CRM ont donné un « coup de fouet à l’innovation ». « Il faut s’attendre à ce qu’une position claire du gouvernement confirmant la sortie du nucléaire donne un élan supplémentaire à cette innovation », assure la note. Et de souligner : « le CRM fournit les conditions cadres pour garantir l’abordabilité, la sécurité de l’approvisionnement et la durabilité ».

Le comité ministériel restreint se réunit vendredi pour examiner le rapport de l’administration et la note de la ministre. Les décisions sont attendues dans les semaines à venir. La ministre en rappelle l’objectif ultime, « peu discuté: un système énergétique durable et la neutralité climatique à l’horizon 2050 ».

Le MR et la N-VA s’en prennent à la ministre de l’Énergie

« On ne va pas accepter de mettre la Belgique dans le noir et émettre plus de CO2 juste pour assouvir un vieux rêve. Où est l’étude pour la prolongation du nucléaire ? L’accord de gouvernement est pourtant clair à ce sujet », a lancé le président du MR, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter.

« La ministre Tinne Van der Straeten ne peut offrir aucune garantie en termes de sécurité d’approvisionnement mais continue à refuser obstinément de prolonger une capacité nucléaire propre de 2 GW », dit de son côté le président de la N-VA, Bart De Wever qui met en garde les partis de la coalition fédérale. « Si les partenaires de coalition acceptent cela, ils seront délibérément complices des conséquences qui nous attendent« .

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