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La Flandre suivra-t-elle l’exemple de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui raccourcit les vacances d’été ?

Erik Raspoet Journaliste Knack

En Flandre, tout le monde n’est pas enthousiaste à l’idée de raccourcir les vacances d’été, tel que l’a décidé la Communauté française.  » L’été, c’est le seul moment où les élèves peuvent vraiment oublier l’école. « 

Dès la rentrée prochaine, l’enseignement francophone bouleverse le calendrier. Les vacances d’été seront raccourcies d’une semaine et demi et l’année scolaire sera divisée en blocs de sept semaines d’enseignement, structurées autour de quatre pauses de deux semaines. Les vacances de Noël restent inchangées, les vacances de Toussaint et de Carnaval passent d’une semaine à deux et les vacances de Pâques sont remplacées par deux semaines de congé au début du mois de mai.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles espère améliorer la qualité de l’enseignement primaire et secondaire. Les longues vacances d’été entraînent une perte d’apprentissage considérable, en particulier pour les enfants issus de milieux socialement défavorisés. Le débat s’enflamme également en Flandre. Le raccourcissement des vacances d’été est l’une des 58 recommandations formulées par la Commission Beter Onderwijs (Meilleur enseignement) à la fin du mois d’octobre. Cependant, la décision ne sera pas prise tout de suite, car le ministre de l’Enseignement Ben Weyts (N-VA) souhaite attendre l’avis du Conseil flamand de l’enseignement (Vlor) et du SERV (les partenaires sociaux).

Le secteur du tourisme craint les conséquences de l’asymétrie des vacances entre les communautés. En particulier à Bruxelles, où de nombreuses familles ont des enfants dans les deux réseaux d’enseignement, on s’attend au chaos. Mais les experts en enseignement sont presque unanimes quant aux avantages pédagogiques. Alors, raccourcir ces vacances d’été dans l’intérêt de l’étudiant et de la qualité de l’enseignement flamand?

Ce n’est pas si simple, les opinions varient en fonction de la perspective. « Nous avons posé la question dans notre enquête sur le coronavirus en mai », déclare Mauro Michielsen (16 ans), président d’une association flamande d’élèves (VSK). « Le rejet était très important, même lorsque nous avons posé une question plus approfondie où nous avons souligné les avantages éducatifs. Le VSK prévoit une enquête à grande échelle auprès des élèves pour étayer sa position au sein du VLOR. En attendant, Michielsen explique les réticences. « L’été, c’est une période de vraies vacances pour les élèves, le seul moment où ils peuvent complètement oublier l’école. Ils craignent que, pendant les autres périodes libres, on leur donne des devoirs. Il est difficile de se détendre complètement quand on doit composer une collection de feuilles d’automne séchées. Mais il y a d’autres objections. Qu’en est-il du mouvement de jeunesse, des camps d’été, du travail de vacances ? Tout cela sera plus difficile à planifier. »

Camps d’été

Un rapide sondage réalisé par le syndicat socialiste flamand ACOD indique que 57% des enseignants n’aiment pas l’idée de vacances d’été plus courtes. Pendant ce temps, le syndicat d’éducation chrétienne COC travaille sur un sondage détaillé. « Tout le monde n’est pas convaincu de l’avantage pédagogique », déclare le secrétaire général Koen Van Kerkhoven. Si la perte d’apprentissage se manifeste principalement, voire exclusivement, parmi les élèves socialement faibles, il faut se demander si une telle mesure linéaire est la meilleure. Peut-être qu’une approche sur mesure, telle que des cours d’été, serait plus efficace. En outre, l’impact négatif sur le travail des jeunes n’est pas un détail, car on apprend aussi pendant les camps d’été. »

Selon Van Kerkhoven, ce n’est pas seulement une question pédagogique. « Les directions scolaires n’ont qu’un mois de vacances d’été. Allons-nous en supprimer la moitié ? Et allons-nous alors également réviser les délais de recours contre les décisions du conseil de classe ? Dans ce dossier, il y a de nombreux éléments à prendre en compte. »

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