Des familles fuyant les talibans en quête de nourriture à Kaboul, capitale de l'Afghanistan. © AFP

La crainte d’une vague migratoire afghane met la Vivaldi sous pression

Olivier Mouton
Olivier Mouton Journaliste

En Afghanistan, les villes tombent les unes après les autres aux mains des talibans. Une suspension temporaire des expulsions pourrait être sur la table, susceptible de relancer les frictions avec Ecolo-Groen et le PS.

La situation se détériore jour après jour en Afghanistan. Après le retrait des troupes américaines, les villes tombent les unes après les autres aux mains des talibans, et une nouvelle vague migratoire a débuté. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, environ 30000 Afghans fuient chaque semaine vers l’Iran, puis la Turquie.

En plus des centaines de milliers de réfugiés syriens qui se trouvent déjà en Turquie, cet afflux risque de faire exploser une situation régionale déjà précaire. Et provoquer un nouvel afflux massif vers l’Europe.

Conclusion indirecte: l’Union européenne craint une nouvelle crise migratoire, comparable à celle de 2015. Et en Belgique, la situation pourrait provoquer, potentiellement, de nouvelles tensions au sein de la Vivaldi.

« Notre système migratoire trop fragile »

Sammy Mahdi (CD&V), secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, en est conscient. Il est sur pied de guerre cet été, et s’apprête à gérer une nouvelle crise après celle suscitée par la grève de la faim des sans-papiers à Bruxelles, qui a déjà fait vaciller la Vivaldi.

« La situation en Afghanistan est préoccupante, disait-il dans une interview à Knack reprise par Le Vif, cette semaine. Nous avons envoyé une lettre à la Commission européenne avec d’autres Etats membres pour éviter que l’on ne revive la crise migratoire de 2015. Notre système migratoire est trop fragile. »

Il précisait que l’Union européenne a tout intérêt à trouver un nouvel accord avec la Turquie, à l’instar de ce qui a été fait pour l’accueil des réfugiés syriens, afin d’éviter le flux migratoire. « Le plus important, explique Sammy Mahdi, c’est que l’accueil des Afghans soit suffisant dans la région afin qu’ils ne doivent pas traverser l’Europe.

Expulser ou non les Afghans?

Mais la question immédiate qui risque de tendre les relations au sein de la Vivaldi est celle de savoir si les pays européens continueront ou non à expulser des candidats à l’asile afghans, étant donné le risque que fait peser la montée en puissance des talibans, avec leur politique religieuse radicale.

Theo Francken (N-VA), prédécesseur de Sammy Mahdi au secrétariat d’Etat, sait combien la situation est délicate pour la vivaldi, singulièrement avec la présence des écologistes et des socialistes à bord. Sammy Mahdi tient une ligne ferme sur le sujet, mais pourra-t-il la tenir longtemps? « Ecolo et Groen trouvent-ils que le retour forcé des Afghans est encore possible?, interpelle Thoe Francken. Mahdi parle-t-il au nom du gouvernement? »

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En l’occurrence, la pression pourrait être européenne: les ambassadeurs de l’Union ont demandé une suspension temporaire des expulsions.

En Belgique, l’afflux de candidats afghans est relativement important: Le Soir rappelle ce mardi matin en citant Sammy Mahdi au parlement qu’au premier semestre de cette année, 2087 demandes ont été soumises, contre 3104 en 2020 et 3400 en 2019. Autrement dit, elles sont déjà en voie d’explosion.

Dans le cas de la grève de la faim des sans-papiers, Ecolo-Groen et le PS avaient menacé de se retirer du gouvernement en cas de drame. Se retrouvera-t-on avec cet axe pour faire pression dans ce dossier?

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