Attentats de Bruxelles: comment va se dérouler ce procès hors norme

Le procès des attentats à Bruxelles débute mercredi, devant la cour d’assises de Bruxelles, avec le tirage au sort des jurés. Les débats commenceront ensuite le lundi 5 décembre à 09h00.

Initialement, le procès des attentats de Bruxelles devait débuter en octobre, mais la procédure a été reportée en raison de l’inadéquation du box des accusés. Neuf hommes comparaîtront, dont un doit répondre uniquement de participation aux activités d’un groupe terroriste et les huit autres de cette même prévention ainsi que d’assassinats et de tentatives d’assassinat dans un contexte terroriste. Un dixième accusé est quant à lui présumé mort. Le 22 mars 2016, deux attentats ont été commis à Bruxelles, dans une station de métro et à l’aéroport, faisant 32 morts et des centaines de blessés.

Tirage au sort

La cour d’assises procédera, mercredi dès 09h00, au tirage au sort de 36 jurés, dont 12 effectifs et 24 suppléants, parmi un panel de quelque 1.000 citoyens qui ont été convoqués à cette audience. Néanmoins, tous ne seront pas présents mercredi. Environ 300 d’entre eux ont obtenu préalablement une dispense. La cour pourrait dispenser d’autres candidats jurés encore à l’audience mercredi. C’est la présidente qui octroiera ou non cette faveur, après avoir entendu les arguments de chaque personne qui sollicite d’être exempté de ce devoir citoyen.

   Une fois la question des dispenses réglée, ce qui pourrait prendre un certain temps, la cour procédera au tirage au sort en lui-même. L’ensemble de la défense et le ministère public, qui disposent des noms, prénoms et professions des candidats jurés, auront droit à 18 récusations chacun. La cour peut aussi récuser des candidats si la parité hommes et femmes n’est pas atteinte. Tout jury doit être composé d’au moins quatre hommes ou femmes sur un total de douze jurés.

   Dès que le jury sera formé, les jurés prêteront serment et quelques mots d’explication au sujet de leur mission leur seront adressés par la présidente. L’audience sera ensuite levée et toutes les parties ainsi que les jurés se retrouveront le 5 décembre à 09h00 pour entamer les débats.

De longs mois d’audience

   Le procès des auteurs et co-auteurs présumés des attentats devait débuter le 13 octobre, mais il a été repoussé au 5 décembre en raison d’un box des accusés non conforme qui a dû être réaménagé. Le 16 septembre, la présidente de la cour d’assises a ordonné que le box qui avait été construit spécialement pour ce procès, divisé en neuf compartiments hermétiques, soit démonté et reconstruit. En cause, il violait plusieurs articles de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme. Il ne permettait notamment pas un contact direct entre les accusés et leurs avocats. Un nouveau box a dès lors été installé. Il s’agit cette fois d’un box unique, vitré et bénéficiant de deux ouvertures sur la paroi avant, permettant ainsi aux accusés de parler avec leurs avocats. Sept accusés y prendront place et y seront entourés de deux ou trois policiers chacun. Les deux derniers, Smail Farisi et Ibrahim Farisi, qui comparaissent libres, seront placés devant le box.

   Dans ce procès hors normes, annoncé pour six à neuf mois d’audiences, dix hommes sont accusés, dont un, Oussama Atar, fait défaut. Il serait mort en Syrie. Les neuf autres sont Mohamed Abrini, Osama Krayem, Salah Abdeslam, Sofien Ayari, Bilal El Makhoukhi, Hervé Bayingana Muhirwa, Ali El Haddad Asufi, Smail Farisi et Ibrahim Farisi. Les huit premiers sont accusés de participation aux activités d’un groupe terroriste, d’assassinats terroristes sur 32 personnes et de tentatives d’assassinat terroriste sur 695 personnes. Le neuvième ne doit répondre que de participation aux activités d’un groupe terroriste.

Le combat des victimes

« Je ne m’attends pas vraiment à beaucoup de réponses », dit à l’AFP Sandrine Couturier, partie civile qui compte venir faire face aux accusés. « Mais j’ai envie de me confronter à ce que l’être humain est capable de faire, il faut que j’accepte que tout le monde n’est pas bon« . Présente sur le quai du métro Maelbeek au moment de l’explosion dans une rame, cette directrice d’association souffre encore de stress post-traumatique. Des « pertes de mémoire » et « problèmes de concentration » qui resurgissent à l’approche du procès, explique-t-elle. Les épisodes d’anxiété, voire de dépression, sont encore très fréquents pour les rescapés et témoins que l’AFP a pu interroger.

Plusieurs ont aussi décrit leur pénible combat pour obtenir des assurances la prise en charge des soins médicaux. Les victimes ont été « abandonnées à leur sort par l’Etat belge », a dénoncé un collectif représentant près de 300 parties civiles. Ce collectif, Life4Brussels, avait déjà exprimé sa colère fin septembre à l’annonce du report du procès en raison d’un box des accusés non conforme au droit européen. 

   Le 22 mars 2016, deux explosions ont retenti à l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. La première s’est produite à 07h58 dans l’ancien hall des départs du terminal « low cost ». La seconde a eu lieu quelques instants plus tard, à 08h09, dans le hall des départs du nouveau bâtiment de l’aéroport. Un peu plus d’une heure plus tard, à 09h11, une troisième explosion s’est produite, cette fois à Bruxelles, dans la station de métro Maelbeek. Ces attaques terroristes ont fait 32 morts et des centaines de blessés.

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