Procès des attentats de Bruxelles: deux proches de victimes décédées renoncent à témoigner

    Deux proches de victimes décédées à Zaventem, lors des attentats du 22 mars 2016, et qui devaient s’exprimer lundi après-midi devant la cour d’assises de Bruxelles ont renoncé à prendre la parole. À la place, la présidente Laurence Massart a lu à l’audience une lettre adressée à la cour par l’épouse d’un ressortissant américain, puis un procès-verbal pour suppléer le témoignage de la mère d’une trentenaire de nationalité allemande.

    Fonctionnaire d’État américain, Bruce Baldwin avait 66 ans lorsqu’il a été fauché par la première bombe déclenchée à Zaventem. « Personne ne devrait être hanté par le fait d’avoir conduit son mari à l’aéroport« , écrit l’épouse du sexagénaire à l’entame de sa missive. « Par la décision d’avoir pris un chemin plus rapide pour s’y rendre, par le baiser rapide donné avant de le voir partir en tirant sa valise. Rien de tout cela ne devrait vous revenir en mémoire, tout comme l’horrible bruit après », celui de la double explosion des kamikazes Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui. L’un a enclenché sa charge à 07h58 dans l’ancien hall des départs du terminal « low cost » et l’autre, quelques secondes plus tard, dans le nouveau bâtiment, tuant ensemble 32 personnes et faisant des centaines de blessés.

       Après l’enterrement de Bruce Baldwin dans son Midwest natal, sa veuve est retournée à Bruxelles pour travailler à l’Otan. « Bruce se matérialisait partout: en rue, traversant la Grand-Place… », décrit-elle.

       Affectée à un poste au Caire à l’été 2017, où elle passera quatre années « extraordinaires » entourée d’amis communs du couple, elle met un terme à sa carrière diplomatique car « sans Bruce, ce n’était plus envisageable ». Cinq mois plus tard, un cancer du sein lui est diagnostiqué. « Quand j’étais trop faible pour me lever ou quand j’ai commencé à perdre mes cheveux, Bruce aurait dû être là. »

       « Si Bruce était mort d’une mort naturelle, ce serait une tristesse saine », conclut Mme Baldwin. « Son meurtre de Bruce m’a abîmée. » D’un coup d’oeil dans le rétroviseur, elle s’imagine partir « 10 minutes plus tard de notre appartement ». « Nous aurions pris une autre route et serions restés bloqués dans les embouteillages. »

       L’audition de la mère de Jennifer Waetzmann-Scintu a finalement esquissé le portrait de la jeune Allemande de 29 ans, fan de handball, « franche », « impulsive », « attentionnée ». Le témoin ne se sentait en effet « pas capable de venir témoigner« , demandant « la compréhension de tous ».

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