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J’étais au congrès idéologique du Parti socialiste, et tout est vrai

Nicolas De Decker
Nicolas De Decker Journaliste au Vif

Liège, c’est ailleurs. C’est loin, même quand on a plein d’idées et qu’elles sont en chantier. Alors, quand on est un socialiste plein d’idées mais qu’on n’est pas de Liège, et qu’on doit être au palais des congrès un dimanche à 9 h 30 pour boucler son chantier des idées, il faut soit se lever très tôt, par exemple pour avoir le train de 7 h 51 à Charleroi-Sud (douze minutes de retard), soit s’organiser un peu mieux, par exemple en prenant une chambre d’hôtel.

C’est ainsi qu’on trouvait trois types de socialistes, dimanche matin à Liège. Un, les Liégeois, toujours à rigoler avec leur oeil gonflé de blague. Deux, les pas Liégeois qui se sont levés très tôt et qui ne rigolent pas parce que leur oeil est tout serré et piquant. Trois, les pas Liégeois qui se sont couchés très tard parce qu’ils avaient réservé une chambre d’hôtel et qui s’étaient dit, samedi soir, que bien sûr pas de problème on va reprendre une tournée. Eux, ils ont l’oeil pas gonflé ni serré ni piquant, mais suintant, avec toutes sortes de veines autour d’une pupille toute rouge. Ces yeux-là ressemblent au patchwork qui se trouve sur la scène, avec un gros logo rouge au milieu et tout un grand désordre végétal autour. Souvent, ceux qui ont cet oeil-là ont aussi une haleine un peu trop chargée en pastilles à la menthe, une haleine qui sent comme un aveu mais on ne donnera pas de nom. Le souffle vert sous l’oeil rouge, voilà le premier manifeste de l’écosocialisme wallon. Il y a quand même un socialiste pas liégeois qui est fringant, ce dimanche matin à Liège. C’est le président des écosocialistes. A l’entrée du palais des congrès, il fait un selfie avec des militants de Belgische Unie – Union Belge tout contents, et lui aussi ça l’amuse semble-t-il, faut dire que ça le change des discussions avec Thierry Bodson sur les convergences à gauche.

Dans son discours, l’écosocialiste de Mons a fait comme il faut faire quand on fait un discours idéologique, et ses copains aussi ont fait le boulot. C’est-à-dire qu’ils ont fait quelques blagues ( » on me demande de parler d’économie et d’emploi, mais depuis le 19 juin je l’ai un peu mauvaise « , a déclaré Jean-Claude Marcourt, qui n’a en effet plus comme emploi qu’un flexijob de ministre de l’Enseignement supérieur), et surtout qu’ils ont cité les grands auteurs qu’il faut citer dans ces moments-là : Elio Di Rupo a cité Victor Hugo, Pierre-Yves Dermagne a cité Jean Jaurès et Gilles Deleuze, Ahmed Laaouej a cité Elio Di Rupo et Paul Magnette a cité Paul Magnette. Il a cité aussi Laurette Onkelinx, la seule femme parmi les intervenants écosocialistes, mais pour la remercier d’avoir chauffé la salle pour lui.

Après les discours, les socialistes pas liégeois qui s’étaient couchés trop tard la veille sont vite repartis dormir. Alors, quand il n’est plus resté de cacahuètes, on est parti aussi. Paul Magnette s’en est allé avec Willy Demeyer. Il voulait savoir si on allait faire un  » On a tout vu et ça s’est passé comme ça  » sur ce congrès. On le fait. Les autres sont un peu restés, mais le chardonnay n’était pas terrible. On a quand même eu le temps en sortant d’entendre Frédéric Daerden demander à un monsieur qui rangeait son bar s’il restait quand même encore un peu de vin. Liège, c’est ailleurs, mais quand on vient de Herstal, c’est pas trop loin.

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