Les places sont chères en bord de Meuse. Quelque 3 000 euros du mètre carré pour ces appartements neufs à l'angle de la rue Nagelmakers, par exemple. © CD Consult

Immobilier à Liège : vue sur Meuse, l’argument de vente n°1

Liège a la chance d’aligner les quais et les appartements avec vue sur Meuse. Mais aussi de disposer de deux réserves foncières au bord de l’eau, les futurs projets Bavière et Coronmeuse.

Dans toutes les villes du monde, le voisinage de l’eau est traditionnellement prisé. Liège n’y échappe pas, qui peut se targuer d’avoir même des kilomètres de berges sous la main, bénéficiant d’une dérivation de la Meuse et quadruplant ce faisant son potentiel. L’urbanisation galopante des années 1960, 1970 et 1980 a popularisé la vue sur le fleuve avec force immeubles à appartements hauts de huit, dix, douze étages parfois. Ce sont toujours eux qui peuplent aujourd’hui les rives mosanes, suscitant les velléités immobilières de nombreux candidats acquéreurs. Leur profil est tant soit peu identique : des seniors ayant revendu leur villa pour le confort d’un appartement proche des commerces et facilités. Soit un public qui a les moyens de s’offrir une vue sur Meuse à des prix 20 à 30 % plus élevés que la moyenne.  » Ils sont à la recherche de quelque chose de joli, de fonctionnel, avec des pièces aux dimensions agréables « , décrit Raphael Piron, de l’agence Century 21-Privilège. Le turnover est plus rapide qu’ailleurs.  » Quand on rentre un tel bien, on est sûr de le vendre dans le mois « , ajoute-t-il.

Au rang des bords de Meuse les plus courus de la Cité ardente figure le boulevard Frère-Orban, pointe le courtier, et notamment son tronçon faisant face au port des Yachts. Mais aussi la rive opposée, le quai Marcellis, ajoute le notaire liégeois Pierre Govers. Qui indique par ailleurs que d’autres quais autrefois moins cotés attirent à présent les convoitises. Ainsi du quai de Rome, qui profite des retombées positives des aménagements entrepris voici trois ans par la Ville, de même que de la nouvelle passerelle cyclo-piétonne reliant le parc de la Boverie au quartier en plein essor de la gare des Guillemins.  » Mais aussi du Quai-sur-Meuse, jusqu’à l’ancienne Grand-Poste, détaille le notaire. Une zone pourtant encore un peu difficile, voire sulfureuse, mais où les bords de Meuse tirent néanmoins leur épingle du jeu. Il s’agit certainement de la plus grosse évolution immobilière en la matière à Liège.  »

Il faut dire que malgré le stock de quais disponible, le terrain de jeu est étroit. Les dents creuses sont rares et les possibilités de démolition-reconstruction aussi. Pierre Govers évoque néanmoins un projet à l’angle de la rue Nagelmackers et du Quai-sur-Meuse,  » sur un terrain en coin, à l’abandon « , baptisé Les Terrasses Nagelmackers.  » Mais c’est une exception… et les prix s’en ressentent puisqu’on atteint quelque 3 000 euros du mètre carré « , souligne-t-il. Neuf appartements de deux à quatre chambres y sont à prendre sur plans à des prix variant de 249 500 à 548 000 euros, pour une livraison fin 2019.

Pour contrer le manque de terrains, les promoteurs se sont lancés dans la rehausse d’immeubles, observe Raphael Piron.  » L’un d’eux vient récemment de signer une poignée de projets le long des quais, explique l’agent immobilier. Il repère un bâtiment plus petit que ses voisins et se propose de lui ajouter des étages via une construction en bois, plus légère.  » Un phénomène déjà bien ancré à Bruxelles, qui gagne timidement Liège.

Coronmeuse accueillera un vaste écoquartier.
Coronmeuse accueillera un vaste écoquartier.© Willemen Groep

Deux mégaprojets au bord de l’eau

Deux grands projets mixtes ciblant les bords de Meuse ont récemment connu un coup d’accélérateur : Coronmeuse et Bavière.

Le premier est l’héritage de la candidature de Liège à l’Expo 2017. En lieu et place des Halles des foires, sur les 25 hectares de la presqu’île de Coronmeuse, la Ville a décidé, dès 2012, d’élever un écoquartier exemplaire. C’est le consortium Neolegia composé des groupes CIT Blaton, Willemen, Jan De Nul et Louis Dewaele qui a obtenu le marché à l’été 2017. Un an plus tard, le programme a été officiellement présenté et les autorités se donnent trente-six mois pour obtenir le feu vert en matière d’études d’incidence et de permis. Au menu, 140 000 m2 de logements (1 325 unités), 6 000 m2 de commerces et Horeca, 28 500 m2 d’équipements collectifs, 19 500 m2 de bureaux et 6 000 m2 d’hôtel. Le parc Astrid (4 hectares) sera complètement rénové et fera l’objet d’une extension (infrastructures sportives, bien-être, plaine de jeux…), tandis qu’en son sein, le bâtiment dit de l’Equerre sera réhabilité en une crèche et une maison de quartier. Le Grand Palais (5 000 m2) fera, lui aussi, l’objet d’un lifting (façade et toiture) et accueillera un marché bio, une salle multisport et une école. Deux nouvelles passerelles viabilisation et la dépollution du site.

Le projet Bavière cible les quatre hectares de l’ancien hôpital de Bavière, dans le quartier d’Outremeuse, déserté dès 1985. Après trente ans de tergiversations et de multiples propositions d’aménagement, un master plan est adopté en juin 2016. Il fait l’objet d’un partenariat public-privé réunissant la société Bavière Développement, qui regroupe Thomas&Piron Bâtiment, UrbaLiège et BPI, la Ville et la Province. Premier chantier sur la liste, celui du pôle provincial de développement culturel de plus de 15 000 m2, conçu par les bureaux Assar Architects et Audex&Partners. Le coup d’envoi des travaux de terrassement et d’égouttage a été donné avant l’été. Livré en septembre 2022, il comprendra une bibliothèque, une pépinière d’entreprises et des espaces de rencontre et d’exposition. Budget assumé par la Ville, la Province et la Région, en sus de fonds Feder : 36 millions d’euros. Pour le reste, outre un volet résidentiel, le site Bavière verra la création d’une crèche, de la haute école de la Province, d’un hall sportif, d’un commissariat de police, d’une polyclinique (CHU), de l’institut de dentisterie de l’ULiège… La première phase, pour laquelle une demande de permis a été déposée en juin dernier, comptera 150 logements, la crèche et deux commerces. Une seconde phase de 140 logements, une maison de repos et de soins de 150 lits, une résidence-services et 300 kots étudiants suivra, pour une livraison de l’ensemble à l’horizon 2025-2026.

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