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GSM au volant: des amendes bien plus salées, y compris en cas de smartphone sur les genoux

Muriel Lefevre

L’utilisation de smartphone au volant est l’une des principales causes de mortalité dans le trafic. Des règles plus strictes et des amendes plus salées seront bientôt une réalité. Ainsi l’amende va passer de 116 à 174 euros.

Afin de limiter l’utilisation des smartphones au volant qui causerait la mort d’une trentaine de personnes et en blesserait 2500 par an, les autorités ont décidé de serrer la vis. Le Parlement fédéral devrait statuer aujourd’hui sur des règles plus strictes et une amende plus élevée. Une bonne chose selon les observateurs, car la règlementation datait encore du temps ou les gens avaient encore un simple GSM qui ne servait qu’à appeler et avait plus que besoin d’une mise à jour.

Concrètement qu’est-ce qui va changer ?

À partir de l’année prochaine, utiliser son smartphone au volant sera considéré comme une infraction de troisième degré. En conséquence l’amende va passer de 116 à 174 euros.

Et alors qu’avant il était juste interdit de le tenir en main, il sera désormais également interdit d’utiliser ou de manipuler l’appareil. Concrètement, si votre appareil est placé sur la banquette, sur vos genoux ou encore sur le tableau de bord ou l’ilot central, cela sera aussi considéré comme une infraction. Par exemple, si l’on utilise son smartphone comme GPS et qu’on le place sur ses genoux ou sur le siège du passager on est en infraction. Si l’on souhaite utiliser son GSM comme GPS, il faut le placer dans un support prévu à cet effet. Cette concession a surtout pour but de ne pas « pénaliser ceux qui ne peuvent pas s’offrir une voiture plus chère équipée d’un système multimédia », explique Joris Vandenbroucke (Vooruit), l’un des co-auteur de ce nouveau projet de loi. Mais même fixé de cette façon, le smartphone ne peut être utilisé comme un GPS, pas question donc de scroller sur son écran ou de lire ses messages.

On notera aussi que la nouvelle réglementation fait référence à un « appareil mobile avec écran », ce qui signifie qu’outre le smartphone classique, l’interdiction vaut aussi pour une tablette ou une liseuse, par exemple.

Il y aura cependant deux exceptions à cette règle. Si la voiture est arrêtée ou garée, le smartphone peut être utilisé. Avec une précision tout de même : cela ne vaut cependant pas si l’on est arrêté à un feu rouge.

Quand les nouvelles règles entreront-elles en vigueur ?

La proposition de loi de M. Van den Bergh et de Joris Vandenbroucke (Vooruit) devrait être définitivement approuvée aujourd’hui en commission compétente et être approuvée par l’ensemble de la Chambre en janvier. On estime qu’elle rentrera en vigueur au début du mois de mars.

Comment va-t-on contrôler ces infractions ?

Rien qu’en 2019, 105 000 amendes ont été émises pour l’utilisation d’un smartphone au volant. Mais ce chiffre n’est probablement que la pointe de l’iceberg puisque ce genre d’utilisation est souvent fugace et donc difficile à prouver, à moins que la scène ne soit filmée. Et c’est là que ça coince encore un peu, car certains partis, comme le PS et le MR, sont contre le fait que l’on utilise des caméras intelligentes pour tracer les contrevenants. Ils trouvent que c’est une trop grande atteinte à la vie privée. Pourtant cette technique permettrait de détecter plus efficacement les contrevenants. Grâce à l’intelligence artificielle, on peut en effet repérer ceux qui utilisent leur smartphone. Les images sont ensuite vérifiées par des humains qui évaluent s’il s’agit effectivement d’une infraction et s’il faut donner une amende. Dans l’espoir de trouver un compromis, le gouvernement travaille actuellement sur une base juridique pour un projet pilote.

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