Thalys © Belga

Entre 700 et 800 personnes ont passé la nuit dans le Thalys

Le Vif

Entre 700 et 800 personnes ont passé la nuit de vendredi à samedi dans un train Thalys « dortoir » en gare de Bruxelles-Midi après l’accident qui a bloqué la ligne à hauteur de Tournai pendant la journée et a occasionné la suppression de six trains en soirée.

Le trafic entre la capitale belge et Paris a repris normalement ce samedi matin et certains voyageurs ont déjà pu prendre la direction de l’Allemagne ou de la France, a indiqué une porte-parole de l’entreprise ferroviaire. Un train Thalys, qui reliait la gare de Bruxelles-Midi à celle de Paris-Nord, est resté à l’arrêt une partie de l’après-midi et de la soirée de vendredi.

Un animal avait été heurté par un train en provenance de Bruxelles vendredi à 15H55, à la hauteur de Tournai (ouest de la Belgique). « Il y a eu un dégagement de fumée et ce heurt a engendré un problème technique sur la motrice qui a nécessité l’arrêt du train et la coupure de l’électricité« , a raconté une porte-parole à l’AFP. 

Le trafic n’avait pu reprendre sur la ligne que peu avant 21h30.

Annulation de six trains

Si les voyageurs qui étaient bloqués sur le trajet après être déjà partis ont bien été amenés à Paris-Nord, l’entreprise ferroviaire a toutefois dû annuler six trains au départ de Bruxelles-Midi car ils n’auraient pas pu passer la frontière entre la Belgique et la France avant 22h30 et que des travaux sont effectués de nuit sur cette ligne à grande vitesse.

En conséquence, les clients restés à Bruxelles ont eu le choix entre loger à l’hôtel (et se faire rembourser ensuite leur nuitée), rentrer chez eux s’ils habitent dans la capitale ou à proximité (avec un remboursement des frais de taxi) ou patienter dans plusieurs rames de Thalys afin d’avoir un endroit sûr et calme où dormir. Entre 700 et 800 personnes ont retenu cette dernière option. D’autres ont fait de même à Paris, mais Thalys et la SNCF -son actionnaire majoritaire- étaient samedi incapables de dire combien.

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Retour progressif à la normale

La situation revenait progressivement à la normale samedi pour la circulation des Thalys entre la France et la Belgique, interrompue vendredi à cause d’un choc avec un animal, mais les voyageurs ne cachaient pas leur mécontentement.  « Cela va beaucoup mieux, la situation se rétablit progressivement », a indiqué une porte-parole de Thalys. « A la suite de l’incident d’hier, des perturbations sont encore à prévoir ce jour », indiquait samedi matin le site de la compagnie basée à Bruxelles, mais le lien devant permettre d’avoir des informations en temps réel conduisait les voyageurs sur une page d’erreur. Dans la matinée, les trains accusaient entre 10 et 50 minutes de retard Gare du Midi à Bruxelles, a constaté l’AFP sur place.

Deux passagers belges, Sarah Duray et son mari, arrivaient de Paris, où ils ont dû passer la nuit à l’hôtel, à la suite de l’annulation de leur Thalys vendredi soir. « On peut comprendre qu’il y ait des accidents. Ce qu’on reproche à Thalys, c’est le manque de communication. C’est +débrouillez-vous+, il n’y a pas d’interlocuteur », déplore la passagère, qui n’a pas pu prendre son traitement médical habituel en raison de cette nuit imprévue passée loin de chez elle.

Annonces en français

Jurgen Thysmans et sa famille ont aussi été contraints de prendre une chambre d’hôtel à Paris vendredi soir, après avoir attendu six heures Gare du Nord. « Je suis heureux d’être arrivé à Bruxelles! On va réclamer une compensation », dit-il à l’AFP, regrettant aussi de n’avoir pu joindre personne chez Thalys. « On était seuls pour trouver les solutions! » Un journaliste de l’AFP en partance pour Amsterdam a ainsi attendu, en vain, pendant quatre heures vendredi soir, Gare du Nord à Paris. Il n’a pas voulu attendre davantage pour récupérer un bon de taxi, est rentré chez lui et est revenu à 06H00 du matin pour sauter, sans billet, dans un train. Malgré un retard de plus d’une heure au départ, le voyage s’est bien passé jusqu’à Bruxelles, raconte-t-il, « recroquevillé entre deux valises ».

« Incompétence folle »

Mais les voyageurs des deux rames qui continuaient vers les Pays-Bas ont dû se serrer dans une seule à Bruxelles, tandis que le train prenait de plus en plus de retard. « On est devant une incompétence folle« , s’emporte Thimothé, un étudiant en école de commerce de 23 ans voyageant debout depuis le changement à Bruxelles. Arrivé une heure en avance vendredi pour prendre un train qui n’était jamais parti à 17H25, il a attendu jusqu’à 22H30, n’ayant récupéré qu’une bouteille d’eau. Des gens dormaient dans le train quand il est revenu samedi à 05H40, raconte-t-il.

« Ce qui est frustrant c’est que Thalys n’a pas donné d’informations. Qu’il y ait un problème de train, OK. Mais les employés sur place disaient des approximations », se plaint-il. « C’est honteux, on paye super cher et on a une prestation inadmissible. Le niveau de médiocrité est extrême! »

Gare du Nord à Paris, « les panneaux d’informations étaient seulement en français, les étrangers ne pouvaient rien comprendre », ajoute Cathleen Parsons, 34 ans, Néerlandaise de retour de vacances à Paris. Les annonces sonores étaient inaudibles, ajoute-t-elle.

Plusieurs options pour les passagers bloqués

Ce samedi matin, 200 de ces passagers ont déjà pris la direction de l’Allemagne à bord d’un train ICE et 400 autres ont été acheminés vers Paris avec le 1er Thalys de la journée, qui s’est élancé peu avant 7h45. Pour les 200 voyageurs restants et ceux qui ont trouvé une solution pour passer la nuit ailleurs que dans la rame dortoir, l’entreprise a renforcé son offre de transport durant toute la journée, par exemple en mettant des trains en double (deux trains sont accrochés l’un à l’autre au lieu de n’en avoir qu’un seul).

Thalys s’excuse auprès des voyageurs touchés, reconnaissant que les conditions de voyage ne sont pas idéales. L’entreprise leur remboursera leurs billets à 100% en cash ou à hauteur de 250% s’ils optent pour des e-vouchers.

Déjà affectée par d’autres incidents, Thalys avait réduit ses fréquences en annulant jusqu’à début septembre environ 10% de ses trains pour pouvoir réparer deux rames.

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