Charles Michel © BELGA

« En Wallonie, Charles Michel est plus connu qu’aimé »

Han Renard

 » Les libéraux francophones n’ont pas brillé aux élections communales. Le MR est en fâcheuse posture », déclare le commentateur politique Francis Van de Woestyne.

« À Bruxelles surtout », dit Francis Van de Woestyne, « la défaite du MR était totale. » Selon le commentateur politique de La Libre Belgique, c’est en partie parce que le MR de Bruxelles est toujours à la recherche d’une nouvelle figure de proue depuis le décès de Jacques Simonet et la démission de François-Xavier de Donnea. « Il y a, bien sûr, Didier Reynders, qui est le président de la Fédération bruxelloise du MR. En ce moment, il est un mystère pour moi. Il était à peine présent pendant la campagne électorale. Quoi qu’il en soit, les libéraux bruxellois sont à la dérive. » Selon Van de Woestyne, le MR accorde également beaucoup trop peu d’attention au public jeune et branché de la capitale, un public qui attache de l’importance aux thèmes verts comme la mobilité douce et la qualité de vie.

En Wallonie, les résultats sont moins dramatiques. « Si vous cherchez bien, vous trouverez quelques points positifs », explique Van de Woestyne. Mais le MR n’a remporté aucune victoire symbolique, comme le président du CDH Benoît Lutgen qui a réussi à garder Bastogne. Le résultat du président du MR Olivier Chastel à Charleroi était même très mauvais. Et si le MR est maintenant de retour au conseil communal de Liège avec le PS, après plus de trente ans d’opposition, ce n’est qu’une demi-victoire vu les rapports de force : il y aura sept échevins socialistes et trois libéraux. »

« Avec les élections fédérales et régionales du 26 mai 2019 en ligne de mire » , tout cela est plutôt inquiétant, conclut Van de Woestyne,. « Je pense que certaines réformes fédérales vont dans la bonne direction, mais en Wallonie, où la population est majoritairement de gauche et déteste le gouvernement dit ‘N-VA-MR’, les réformes des pensions et des soins de santé sont mal accueillies. Si le Premier ministre Charles Michel et son parti ne parviennent pas à bien expliquer ces mesures, ils devraient être très inquiets. Le MR est en fâcheuse posture ».

La popularité de Michel a également souffert en Wallonie où il est « plus connu qu’aimé ». « Il peut dire qu’il s’agissait de thèmes locaux », dit Van de Woestyne, « mais les libéraux eux-mêmes admettent que la politique fédérale a eu un impact négatif. C’est pourquoi Michel devrait s’efforcer de mettre en avant les réalisations de son gouvernement. Ce sera difficile. D’autant plus qu’Ecolo, le grand vainqueur des élections et mené par le duo combatif Zakia Khattabi et Jean-Marc Nollet, va batailler ferme les mois à venir. Ecolo représente, bien plus que le cdH par exemple, une véritable menace pour le MR. »

Belga

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