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En Flandre, le français regagne du terrain

Michelle Lamensch Journaliste

Le pourcentage de mères qui, en Flandre, s’adressent en français à leur nouveau-né a augmenté de 50% en quinze ans, passant de 4,2% en 2005 à 6,4% en 2020.

Voici deux ans, Pierre Schoentjes, professeur de littérature française à l’UGent, déplorait dans nos colonnes l’« appauvrissement » de la Flandre, où la connaissance du français parmi les plus jeunes générations d’étudiants diminuait, écrivait-il, « considérablement » et « laissait beaucoup à désirer ».

En Flandre, selon cet auteur, le métier d’enseignant de français, mais également de langue néerlandaise, était devenu un métier en pénurie. Dans un pays trilingue, estimait-il, le multilinguisme est un atout et, dans ce contexte, le français reste extrêmement important.

Les dernières statistiques publiées par Kind & Gezin, le pendant néerlandophone de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE), pourraient rassurer ceux qui, comme le professeur Schoentjes, militent en faveur d’une alternative au modèle de société anglo-saxon et d’une interprétation du monde « à la lumière des valeurs universelles des Lumières ». Ces statistiques indiquent, en effet, que le pourcentage de mères qui, en Flandre, s’adressent en français à leur nouveau-né a augmenté de 50% en quinze ans, passant de 4,2% en 2005 à 6,4% en 2020.

Dans les six communes à facilités de la périphérie bruxelloise, le français est partout majoritaire dès lors que l’on s’adresse à un nouveau-né (entre 59,1% et 78,6%). Dans le reste du Brabant flamand, il arrive en tête dans dix communes. Et dans les quatre autres provinces flamandes, quatorze entités atteignent ou dépassent le seuil des 10% de nourrissons « francophones ». A Renaix, commune à facilités linguistiques de Flandre-Orientale, le taux de pénétration du français auprès des nouveau-nés est même de 23,2%, soit presque quatre fois le taux de la moyenne flamande.

Pourtant, et malgré l’appel du ministre flamand de l’Intérieur, Bart Somers (Open VLD), à la respecter, les autorités locales bafouent toujours la législation linguistique, qui impose le double affichage français-néerlandais dans l’espace public…

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