Saltimbanco : un des mégaspectacles du Cirque du Soleil. © GREETSIA TENT/GETTY IMAGES

Dragone ne sauvera pas le Cirque du Soleil

David Leloup
David Leloup Journaliste

Nos révélations sur les réquisitions du parquet de Mons réclamant le renvoi de Franco Dragone en correctionnelle pour fraude fiscale, blanchiment et corruption (Le Vif/L’Express du 18 juin) ont provoqué de sérieux remous au Québec.

Tétanisé par le coronavirus et lesté d’une dette abyssale (832 millions d’euros), le Cirque du Soleil est à l’agonie depuis des mois. Il est même dans l’antichambre de la faillite depuis le 29 juin. Avec 3 480 employés licenciés, ce sera probablement l’une des plus grosses faillites culturelles provoquées par le SRAS-CoV-2… Or, le 8 juin, Dragone avait confié au Las Vegas Review-Journal qu’il s’était joint à l’effort de Guy Laliberté, le fondateur du Cirque, pour racheter l’entreprise.

Ce plan de sauvetage, qui impliquait des fonds publics, a pris du plomb dans l’aile à la suite de nos révélations. Franco Dragone est l’un des metteurs en scène historiques du Cirque, pour lequel il a créé six spectacles (Saltimbanco, Quidam, Alegria, Mystère, O, La Nouba). Les dizaines de millions de dollars qu’ils ont engrangés ont atterri aux îles Vierges avant d’être rapatriés en Belgique, déguisés en dividendes. Un montage d’Ernst&Young qui a ensuite servi à Franco Dragone pour défiscaliser les revenus de ses propres shows (Céline Dion, Le Rêve, The House of Dancing Water, etc.).

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