Dermagne défend l’indexation automatique des salaires, Clarinval veut la défiscaliser

Le Vif

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie et du Travail Pierre-Yves Dermagne a défendu dimanche, sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche » (RTL), l’indexation automatique des salaires, un système dont « nous devons être fiers », a estimé le socialiste.

Le libéral David Clarinval, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, a, lui, proposé que l’indexation automatique soit conservée mais défiscalisée pour donner de l’air aux employeurs.

Avec l’inflation galopante, à 9,94% en août, un plus haut depuis mars 1976, l’inquiétude grandit parmi les employeurs à l’approche de l’indexation automatique des salaires, qui interviendra notamment en janvier pour la CP200, qui compte près de 60.000 entreprises et 500.000 employés.

L’indexation devrait être supérieure à 10% au 1er janvier, selon SD Worx. Avec des coûts de l’énergie et des matières premières qui ont explosé, plusieurs entreprises craignent de ne pouvoir s’acquitter des salaires une fois indexés. Une inquiétude que M. Dermagne a dit « partager » et « comprendre » mais pour lui, il faut « être fier de notre indexation automatique, qui protège les salaires de la population ». Augmenter les salaires permet à la population de disposer de suffisamment de moyens pour consommer et aide donc également les entreprises. Pour lui, l’indexation est « la conséquence d’une inflation importante » et c’est là-dessus qu’il faut lutter. « L’inflation est très forte à cause des prix de l’énergie qui explosent, c’est là qu’il faut agir », a jugé le ministre socialiste.

Bloquer les prix de l’énergie

M. Dermagne a plaidé pour un blocage des prix de l’énergie et pour aller « chercher l’argent là où il est », soit sur les surprofits qu’auraient glané des entreprises profitant de la crise énergétique. Il considère que « toutes les entreprises ne souffrent pas et ne sont pas sorties du Covid fragilisées. (…) Toute une série d’entreprises n’ont pas besoin d’aide ». Pour lui, il faut tirer les leçons du Covid et « aider les entreprises qui en ont réellement besoin, et pas aider un peu tout le monde ». Le ministre David Clarinval a, lui, proposé au nom de son parti, le MR, de conserver une indexation automatique pour les salariés, permettant une augmentation nette de leurs salaires, mais de la défiscaliser.

« On ne percevrait pas les cotisations sociales prises sur l’indexation. Cela réduirait de moitié l’impact sur l’employeur », a-t-il vanté. « Cela permettrait de garder une certaine compétitivité des entreprises par rapport aux pays voisins, qui ne pratiquent pas d’indexation automatique, et de sauver des emplois. Des entreprises risquent de devoir licencier ou de ne pas engager à cause de l’indexation ». Pour lui, sa proposition « permet les avantages du système sans les inconvénients ».

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