Ludivine Dedonder

Guerre en Ukraine: l’armée belge bien présente en Europe de l’Est, sur terre, en l’air et sur mer

Le Vif

L’armée belge va rester engagée sur le flanc oriental de l’Otan, que l’Alliance atlantique entend renforcer militairement à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec l’envoi d’un détachement de génie et Roumanie et, prochainement, d’une compagnie de Chasseurs ardennais en Lituanie alors que des F-16 devraient effectuer une nouvelle mission de dissuasion dans la région baltique d’ici la fin de l’année.

Le gouvernement a donné début juillet son accord à l’envoi d’un détachement de génie qui sera chargé de construire, en collaboration avec des militaires français et néerlandais, davantage de blocs de logements pour les troupes de l’Otan stationnées à Cincu (centre de la Roumanie), sur proposition de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS). Il s’agit de 64 personnes, dont la mission, entamée le 8 juillet, doit se terminer le 30 octobre, a-t-on indiqué de source militaire.

   Ce déploiement fait suite à celui, effectué début mars, dans l’urgence après le début de la guerre en Ukraine, d’une compagnie renforcée de quelque 250 hommes et femmes – essentiellement issus du 1/3 bataillon de Lanciers (1/3L), une unité d’infanterie motorisée casernée à Marche-en-Famenne – à Constanta (est de la Roumanie, à une centaine de kilomètres de la frontière ukrainienne. Elle s’était intégrée dans un bataillon français et leur relève est assurée pour un an par des troupes néerlandaises. Les derniers Belges sont rentrés au pays le 15 juillet.

   La Défense fournira d’autre part, comme prévu depuis des mois, un contingent d’environ 150 hommes – principalement des Chasseurs ardennais de Marche-en-Famenne, selon des sources informées – à un « groupement tactique » multinational stationné, sous commandement allemand, en Lituanie dans le cadre de la « présence avancée renforcée » (en anglais eFP pour « enhanced Forward Presence ») de l’Otan dans les pays baltes. Ces militaires s’installeront à Rukla (centre) entre fin août et janvier 2023, a précisé un responsable des opérations au sein de l’état-major de la Défense, le capitaine de frégate Nico Cottyn, lors d’un point de presse consacré mardi aux opérations.

   Quant à la Force aérienne, elle mettra fin le 31 juillet à huit mois – deux « tours » successifs, au lieu d’un prévu initialement – de mission pour quatre de ses chasseurs-bombardiers F-16 et une septantaine de personnes déployés sur la base aérienne d’Amari (Estonie). La nature de leur mission a aussi évolué « significativement' » en raison de la crise ukrainienne, passant début avril de la défense aérienne « renforcée » de l’espace aérien des trois pays baltes (en jargon « Enhanced Air Policing Mission (EAPM) » à des « activités de vigilance renforcée » (« ‘enhanced Vigilance Activities’, eVA) sous le commandement de l’Otan.

   Mais Mme Dedonder a affirmé mardi que les F-16 belges « seront très probablement amenés à devoir se redéployer (en Estonie) au cours de l’année » si le besoin s’en fait sentir. « Cela reste une possibilité étudiée, qui doit encore demander confirmation et en accord du Conseil des ministres. Mais vu le contexte actuel, il y aura probablement une demande de renfort de l’Otan en ce sens », a-t-elle déclaré au journal ‘La Libre Belgique’.

   La Marine affecte pour sa part quasiment en permanence un de ses chasseurs de mines tripartites (CMT) à l’une des flottilles permanentes de l’Otan, le SNMCMG1 (Standing NATO Mine Countermeasures Group 1) navigant en mer Baltique. Le prochain sera le M923 Narcis, qui prendra la relève des M921 Lobelia et M924 Primula, avec à chaque fois un équipage de 44 marins.

   Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février dernier, l’Otan a fortement renforcé son dispositif militaire en Europe de l’est, sur terre, dans les airs et en mer. L’Alliance a notamment activé, pour la première fois de son histoire, sa force de réaction rapide, la « NATO Response Force » (NRF) et son élément « fer de lance », la VJTF (, »Very High Readiness Joint Task Force ») à laquelle étaient affectés la compagnie des Lanciers et un CMT. L’Otan a aussi déployé des systèmes de missiles anti-missiles Patriot – américains en Pologne et allemands et néerlandais en Slovaquie -, alors que le nombre d’avions de combat présents en Europe de l’Est a été sérieusement revu à la hausse.

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