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Débat avec l’extrême droite flamande: Georges-Louis Bouchez a enfreint un texte qu’il a… lui-même signé

Le Vif

En débattant avec Tom Van Grieken jeudi soir sur la VRT, le président du MR contrevient au  » code de bonne conduite  » que doivent respecter tous les mandataires et les candidats du Mouvement réformateur. Un texte qu’il a lui-même signé, voire peut-être écrit…

En Belgique francophone, depuis le début des années nonante, un assez strict cordon sanitaire médiatique est imposé aux formations d’extrême droite. Les médias ne donnent pas sans contradiction la parole aux militants de ces partis, qui n’ont jamais accès en direct aux antennes radio et télé. Et les mandataires des partis démocratiques s’interdisent strictement de débattre avec leurs représentants. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui explique, selon notamment cette chercheuse de l’Université de Groningen, la faible implantation des droites radicales et extrêmes dans la partie francophone du pays.

Concrètement, ces principes sont énoncés dans deux textes, portés dans les années nonante par l’ensemble des formations démocratiques francophones. D’abord, dans une « charte de la démocratie« , négociée et signée en 1993 par le PS, le PSC, le PRL, Ecolo et le FDF, qui officialise la stratégie de cordon sanitaire encore en cours de nos jours.

Ensuite, dans le « code de bonne conduite entre partis démocratiques à l’encontre des formations ou partis qui manifestement portent des idéologies ou des propositions susceptibles d’attenter aux principes démocratiques qui fondent notre système politique » signé en 1999 par les présidents de partis de l’époque, dont Louis Michel pour la Fédération PRL-FDF-MCC. L’article 12 de ce code impose de «  refuser de participer à tout débat télévisuel ou radiophonique auquel un mandataire issu de ces formations ou partis participerait ». Partageant avec Tom Van Grieken le plateau de Ter Zake, sur la VRT, Georges-Louis Bouchez s’est donc placé en rupture par rapport à ces textes signés et appliqués par ses prédécesseurs.

Mais il contrevient également à un texte qu’il a lui-même signé, qu’il a d’ailleurs lui-même validé lors de sa récente actualisation, et qu’il a peut-être lui-même écrit. Avant chaque élection, chaque candidat réformateur est en effet tenu de signer un « code de bonne conduite » par lequel « tout(e) mandataire(e) (SIC) et tout(e) candidat(e) sur une liste MR ou apparentée pour les élections s’engage » notamment (à l’article 4) « à respecter le code de bonne conduite entre partis démocratiques à l’encontre des formations ou partis qui manifestement portent des idéologies ou des propositions susceptibles d’attenter aux principes démocratiques qui fondent notre système politique » mentionné ci-dessus. C’est donc incontestable : le code de bonne conduite du MR interdit à tout candidat ou mandataire réformateur, président y compris, de débattre avec des représentants de formations d’extrême droite.

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En acceptant de donner la réplique à Tom Van Grieken, Georges-Louis Bouchez s’est, ainsi, mis en contradiction manifeste avec la réglementation interne de son propre parti. Devra-t-il s’en expliquer devant les instances disciplinaires du parti qu’il préside ? Il est permis d’en douter.

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