Charles Michel et Didier Reynders. © BELGA

Commission de l’ONU pour les droits de la femme: les explications de Reynders très attendues

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, est attendu mardi matin en commission des Relations extérieures de la Chambre. Ses explications la semaine passée à propos de l’attitude de la Belgique lors de l’entrée de l’Arabie saoudite dans la commission des Nations Unies pour les droits de la femme n’ont pas convaincu tout le monde et entraîné une mise au point du premier ministre.

Le 19 avril, l’Arabie saoudite est entrée dans cette commission à l’issue d’un vote secret auquel la Belgique a pris part. Cette procédure de vote réclamée par les Etats-Unis est inhabituelle. Plusieurs commissions devaient être pourvues mais il y avait autant de candidats que de postes à pourvoir. Un vote n’était donc pas nécessaire.

Interrogé mercredi en commission, le ministre avait indiqué qu’il n’était pas au courant (« personnellement », précisera-t-il le lendemain) de la demande américaine car elle était intervenue très tardivement mais qu’il respectait les choix faits par les diplomates, à savoir continuer à soutenir les candidatures lorsqu’il y a autant de candidats que de sièges à pourvoir. Si un choix avait été possible, celui-ci ne se serait « certainement » pas porté sur le royaume saoudien, avait-il précisé.

Jeudi, le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, a toutefois fait savoir depuis une mission en Afrique qu’à titre personnel, il n’aurait jamais soutenu l’Arabie saoudite ou donné instruction de le faire. Interrogé dans l’après-midi à la Chambre, le premier ministre, Charles Michel, a abondé dans le même sens: si c’était à refaire, le gouvernement aurait plaidé pour qu’il n’y ait pas de soutien à l’Arabie saoudite. Il a précisé que quelques heures seulement s’étaient écoulées entre le moment où le « ministère » avait été mis au courant de la demande américaine et la réponse à celle-ci.

L’affaire semblait donc close.

Mais vendredi, les écologistes ont reçu des courriels internes au SPF Affaires étrangères. Il en ressort qu’au moins neuf heures se sont écoulées entre ces deux moments et que c’est le cabinet du ministre qui a répondu qu’il fallait soutenir les différentes candidatures, conformément à l’usage, et informer les bénéficiaires de ce soutien. Un certain mécontentement apparaissait également dans le chef des diplomates, guère heureux d’être passés un temps pour des personnalités incontrôlables.

Plusieurs députés de l’opposition ont estimé que la responsabilité de M. Reynders dans ce dossier était engagée. Dans la majorité, le CD&V s’est fendu dimanche d’une déclaration ambigüe: il part du principe que le ministre n’était pas au courant « politiquement »… car s’il était au courant, il y aurait alors un problème.

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