Cerexhe: « la Flandre veut étouffer Bruxelles »

(Belga) Le chef du groupe cdH au parlement bruxellois Benoît Cerexhe dénonce, dans un entretien au Soir, une stratégie flamande visant à « étouffer Bruxelles ». « La Flandre a une stratégie planifiée de ponction de l’économie bruxelloise vers l’hinterland », déclare-t-il. Il appelle aussi les Bruxellois à veiller à la fonction économique de la ville.

« Fin 2004, la Flandre a lancé son plan Start, pour le développement économique de l’axe Anvers-Zaventem. Le problème, c’est que ce projet se fait, sciemment, au détriment de l’économie bruxelloise. Le but est d’étouffer progressivement Bruxelles pour, in fine, mieux l’absorber », selon lui. « Le Diabolo (qui) relie Anvers à Zaventem sans passer par Bruxelles, la tramification du Brabant flamand (extension des lignes de tram, ndlr), l’élargissement du ring », sont d’autres exemples. « Et que dire du RER à deux vitesses : côté flamand, tout est réalisé, côté francophone, on parle de 2025 », ajoute l’ex-ministre bruxellois de l’Emploi. Cela signifie, selon lui « que la Flandre assure son développement économique non seulement en dehors de sa capitale mais, pire, au détriment de celle-ci ». Le « vrai test » sera le projet de communauté urbaine, poursuit-il. « Si la Flandre est prête à la faire fonctionner, sa bonne foi sera avérée. Et mes inquiétudes infondées ». M. Cerexhe n’épargne pas non plus les francophones de Bruxelles, qui doivent se garder d’une « vision ‘Bisounours’ de la ville ». « Je vois des signaux inquiétants, comme l’intervention permanente des comités de quartier dès qu’un projet d’activité productive, de commerce ou d’horeca émerge. Gare aussi à la vision visant à limiter l’accès de la ville à la voiture, avec la création de goulets d’étranglement ou l’instauration d’un péage urbain. Faire ça, c’est pousser à la délocalisation des entreprises », argumente-t-il. (WAE)

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