A Bruxelles, la vaccination des enfants de 5 à 11 ans débute mercredi en phase-pilote © belga

CDH pour, MR et PTB contre… La position des partis concernant la vaccination obligatoire

Le prochain Codeco devrait aborder, pour la première fois, la question de l’obligation vaccinale, même si la décision ne devrait in fine pas être prise mercredi. Quels partis sont pour, quels partis sont contre ? Le Vif fait le point sur les positions de chacun, francophones et néerlandophones.

Le PTB, totalement contre

Contacté par Le Vif, le chef de groupe du pari au parlement wallon Germain Mugemangango explique qu’il était déjà en défaveur de la vaccination obligatoire pour les soignants. « Tout ce qui a été dit sur la vaccination obligatoire des soignants nous effraie plutôt. Nous les avons tous soutenus, applaudis et c’est grâce à eux que le nombre de décès a été limité. C’est déjà très paradoxal que ces personnes, qui ont été des sauveurs pour nous, soient attaquées de cette manière. »

Déjà fermement défavorable pour les soignants, le PTB ne soutient donc assez logiquement pas non plus la vaccination imposée à tous. Selon le député wallon, des alternatives sont possibles et une obligation vaccinale ne ferait que diviser la population. « Là aussi, il y a quelque chose d’assez particulier. Quand on regarde les directives de l’OMS, on peut voir que l’organisation n’est pas pour la vaccination obligatoire. Pourquoi ? Parce qu’ils se rendent compte que si on veut que les mesures fonctionnent, il faut susciter l’adhésion des gens, répondre à leurs questions et à leurs doutes. Si on prône la vaccination obligatoire, là où il y devrait y avoir du dialogue et de la compréhension mutuelle, on va créer de la division et de la polarisation. »

DéFI, en questionnement

En faveur d’une obligation vaccinale pour les soignants, le président de parti François de Smet compte prendre le temps qu’il faut pour se positionner concernant la vaccination obligatoire pour tous. « Il n’y a pas vraiment de consensus. On évalue les pour et les contre. On pense que le débat doit se faire au parlement donc on attend beaucoup des débats parlementaires et ont prendra une décision à ce moment-là. »

Le président de DéFI reste cependant mitigé sur la manière dont cette mesure sera mise en place. « Je me pose toujours des questions sur la praticabilité du contrôle. C’est bien de parler de ça mais je ne vois toujours pas comment on va la contrôler matériellement. Le fait de voir si ce n’est pas une arme trop forte par rapport au mal qu’on veut combattre. Je trouve que la question de l’équilibre se pose, mais je ne peux pas exclure le fait que ce soit une mesure qui s’avère malheureusement nécessaire. »

Le MR et l’Open-Vld, contre

Les partis libéraux wallon et flamand sont tous les deux d’accord : la vaccination obligatoire est une fausse bonne idée. David Clarinval s’était exprimé il y a un mois en affirmant que le MR était « sur la même ligne qu’Alexandre De Croo. »

Le premier ministre Open-Vild avait d’ailleurs affirmé que l’obligation vaccinale était une paresse politique. « Parce que le vrai devoir, c’est de convaincre les gens pour qu’ils se protègent mieux et se fassent vacciner. C’est un peu facile, parce qu’on n’arrive pas à les convaincre, de les obliger… Je pense que cela ne fera que mener à des positions encore plus polarisées et plus difficiles à gérer », avait-il expliqué au journal l’Écho.

Le PS, un dialogue avant tout

L’été dernier, seul Paul Magnette, le président du PS, s’était exprimé en faveur de la vaccination obligatoire. Depuis, l’heure est avant tout au dialogue du côté des socialistes.

Pour le vice-Premier ministre Pierre-Yves Dermagne et pour la Ministre wallonne de la Santé Christie Morreale, la question devrait être posée et débattue. Elle a affirmé au micro de RTL ce lundi 21 décembre « qu’à peu près 10 pays sont passés ou passent par ce pass vaccinal. Notre volonté est vraiment que ce soit envisagé avec sérénité et que ça fasse l’objet d’un débat démocratique dans nos parlements. Il faudra donc attendre « toutes les informations à la fois juridiques mais aussi éthiques pour pouvoir en discuter. »

Sans se positionner clairement sur la question, Christie Morreale se veut en tout cas favorable à une augmentation de la couverture vaccinale.

Chez Ecolo et Groen, la prudence

Que ce soit du côté flamand, wallon ou bruxellois, aucun chef de parti ne s’est positionné explicitement sur la question de la vaccination obligatoire. Le chef du groupe Ecolo à la chambre Gilles Vanden Burre s’était exprimé à ce sujet chez RTL, indiquant qu’un débat était essentiel pour pouvoir prendre une décision définitive. « Au sein d’Ecolo-Groen, nous exigeons d’avoir ce débat au parlement. Ce débat qui concerne l’obligation vaccinale pour tous les adultes ».

Une affirmation partagée par Georges Gilkinet. « On doit le faire sérieusement et avec méthode, pour prendre des options en toute connaissance de cause. C’est sur cette base qu’une décision finale pourra être prise. Et dans l’intervalle, il faut continuer à informer la population et tenter de convaincre. »

Du côté flamand, la prise de décision se fera également « après un débat constructif ». Mais en attendant, l’important selon Groen est d’abord de convaincre avant d’obliger. La vice-Première ministre Petra De Sutter s’était exprimée sur la VRT en affirmant qu’il fallait d’abord « se concentrer sur la persuasion. »

Le cdH, pour…mais le débat reste ouvert

Depuis le mois de septembre déjà, le président du CdH Maxime Prévost s’est directement positionné pour la vaccination obligatoire, en affirmant qu’un débat « sans tabou » devrait être organisé.

Une prise de position soutenue par son parti, comme le confie Alain Raviart, porte-parole du parti. « Nous n’avons pas la science infuse. On est donc avant tout pour un débat au parlement et on dirait, selon la position de Frank Vandenbroucke, qu’on ne veut pas de ce débat au sein de la majorité. Pourquoi ce débat ne se déroule pas ? C’est quand même étonnant et indignant. Il y a des bons arguments des deux côtés, et c’est pour cette raison que le débat doit avoir lieu. Il faut prendre les avantages et inconvénients de la formule et prendre des décisions politiques courageuses. »

Le CD&V, pour

Selon les propos recueillis par notre confrère de Knack, Joachim Coens, le président du CD&V s’est positionné pour l’obligation vaccinale depuis un certain temps. Il s’agirait d’un bon moyen pour éviter un nouveau raz-de-marée.

Il a ajouté être également favorable à un baromètre corona. Selon lui, « il serait bon d’objectiver certaines choses. Et aussi ce que les experts nous conseillent, car cela diffère parfois. L’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et Singapour utilisent déjà un tel baromètre. Pour l’instant, les gens ont l’impression – à juste titre – que nous improvisons. Nous devons nous débarrasser de cette manière de faire. »

Pour la N-VA, la cohérence prime

Le parti flamand ne semble pas s’être exprimé explicitement sur la question. Bart De Wever avait cependant jugé dans le journal De Morgen qu’il était « hypocrite » de ne pas oser débattre de cette obligation vaccinale, tout en imposant un Covid Safe Ticket. Il a ajouté que « les gens sont censés être libres de refuser le vaccin, mais s’ils ne veulent pas se faire vacciner, on leur rend la vie impossible. On malmène également tout un secteur qui doit jouer les gendarmes et on demande quelque chose de très lourd en termes de vie privée. »

Vooruit, totalement pour

Il ne s’en cache pas, Frank Vandenbroucke est totalement favorable à l’obligation vaccinale. A la base sceptique philosophiquement parlant, le ministre fédéral de la Santé a depuis changé d’avis et encourage cette mesure.

Un avis soutenu par son président de parti Conner Rousseau. Il a affirmé via un tweet daté du 17 novembre qu’il « est temps de rendre le vaccin obligatoire pour tout le monde. La vaccination est le meilleur outil pour sauvegarder notre liberté collective et garder les écoles, les cafés et les entreprises ouvertes. »

Mais la place est avant tout au débat. Frank Vandenbroucke mise beaucoup sur le rapport du commissaire corona Pedro Facon du 15 janvier pour pouvoir « avoir une base pour ouvrir la discussion. Le fait d’avoir un rapport permettra d’avoir un débat approfondi et nuancé. »

Le Vlaams Belang, contre

Depuis le début de la crise sanitaire, le Vlaams Belang s’est systématiquement positionné contre les mesures adoptées ou discutées par le gouvernement De Croo. Sans surprise, le Vlaams Belang n’est pas du tout favorable à l’obligation de la vaccination. Le parti flamand ne voulait pas non plus de l’instauration du pass sanitaire, mais affirme ne pas être contre la vaccination d’une manière générale.

Robin Gille

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