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Carl Devos: « Le cordon sanitaire doit aujourd’hui être mieux expliqué »

Le politologue Carl Devos (Universiteit Gent) trouve que les partis politiques doivent mieux, ou en tous cas plus concrètement, expliquer pourquoi le cordon sanitaire autour du Vlaams Belang est encore nécessaire. « L’explication classique et un peu vague que ce parti foule du pied nos valeurs fondamentales et nos libertés n’est plus valable. »

Devos trouve que la visite au parti néonazi grec Aube Dorée de parlementaires du Vlaams Belang, avec notamment Filip Dewinter et Anke Van dermeersch, n’a eu que peu de répercutions. Une petite tape sur la main pour cette virée n’est qu’une bien légère sanction selon le politologue. Pour un parti qui souhaite redorer son image et surfer sur la vague de succès engendré par Donald Trump ou une Marine Le Pen il est crucial d’être cohérent. Celui qui veut se profiler comme un parti « propre »ne peut tout simplement pas admettre que certaines de ses figures les plus en vue se lient avec des partis extrémistes, selon Devos. Que le Vlaams Belang et Aube dorée ont des programmes fort similaires est dans ce cas-ci secondaire.

Cordon sanitaire

Dans un Tweet Devos écrit : « Le simple fait que le VB refuse d’exclure ses membres qui ont rendu une visite à ce parti néonazi rend l’idée de gouverner avec un tel parti insupportable. »

Ce tweet faisait explicitement allusion au cordon sanitaire qui entoure le Vlaams Belang. Le secrétaire d’État N-VA Theo Francken a dit vendredi dernier qu’il était par principe contre le cordon sanitaire, mais que dans les faits il était difficile de collaborer avec le Vlaams Belang. Pointant par exemple la présence de Filip Dewinter à Anvers.

Ce à quoi l’intéressé a répondu que, s’il ne s’agissait que de cela, il était prêt à faire un pas de côté. Dans De zevende dag sur Eén, le président du VB, Tom Van Grieken, a ajouté que la première condition pour que son parti participe à une coalition dans une ville ou commune avec la N-VA, c’était de mettre fin à l’enregistrement de nouveaux arrivants. Un point de vue des plus extrêmes trouve Devos.

Arguments

Devos n’est pas contre le cordon sanitaire, mais il est pour que l’on ouvre le débat sur une nouvelle façon de l’appliquer. « Le cordon est en réalité une construction intellectuelle un peu paresseuse et qui n’est aujourd’hui plus assez argumentée pour être appliqué telle quelle. L’explication de base qui dit que ce parti foule du pied nos valeurs fondamentales et nos libertés est trop vague. Ce « mur d’indignation » n’est plus d’actualité à l’heure actuelle. La N-VA est sur certains points aussi radicale, mais il existe une différence notoire entre les deux partis.

C’est pourquoi il faut concrètement indiquer de façon précise les points d’achoppement qui font qu’on ne peut pas travailler avec le Vlaams Belang. Par exemple, le fait que ce parti ne se distancie pas de ses membres qui, contre la réglementation du parti, vont rendre visite à des néo-nazis est un argument valable pour moi »

L’intérêt du cordon sanitaire

Sur les conséquences du Cordon sanitaire sur le Vlaams Belang, les avis restent partagés. Devos: « Il y aura toujours des gens pour dire que ce cordon a été une mine d’or pour le parti parce qu’il l’a rendu plus attirant pour une partie de la population. A contrario voter pour le Vlaams Belang a toujours été un coup dans l’eau. Que ce cordon ait profité ou non au parti est aujourd’hui encore difficile à dire.  »

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