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Bruxelles: la Cocof perquisitionnée, un fonctionnaire soupçonné de corruption (info Le Vif)

David Leloup
David Leloup Journaliste

« Tout le monde tombe des nues, ici »: la Cocof, à Bruxelles, a été perquisitionnée mercredi. Le bureau d’un architecte qui y travaille depuis 22 ans était visé. Il est soupçonné de corruption dans le cadre de l’attribution d’un marché public.

C’est un sentiment de stupeur et d’incompréhension qui règne à la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale (Cocof). Mercredi, l’institution en charge de matières liées au quotidien d’un gros million d’habitants à Bruxelles (formation, culture, social, santé…) a fait l’objet d’une perquisition ordonnée par la juge d’instruction Laurence Heusghem.

Les enquêteurs descendus sur les lieux ont visité le bureau d’un architecte principal, Y.T., soupçonné de corruption. Deux de ses collègues – son chef de service et son directeur d’administration – ont été entendus. L’architecte, lui, a été arrêté puis présenté devant la juge d’instruction, qui l’a auditionné. Il a ensuite été libéré sous conditions strictes : bracelet électronique et caution.

L’homme, qui a débuté sa carrière comme architecte au Luxembourg, travaillait à la Cocof depuis 22 ans. Chargé de la gestion de projets de construction ou rénovation, il était impliqué notamment dans la budgétisation, la conception, la procédure des marchés publics, le suivi et le contrôle des projets.

« La Cocof va se constituer partie civile pour défendre les intérêts du service public », réagit Bernadette Lambrechts, administratrice générale de l’institution. Une avocate a été mandatée pour ce faire. « Tout le monde tombe des nues ici. Ce fonctionnaire n’avait pas d’antécédents et était apprécié par ses collègues », ajoute-t-elle.

C’est la plainte d’une entreprise de travaux publics, Gillion Construct, qui est à l’origine de l’instruction judiciaire. « La plainte concerne un marché en cours d’attribution relatif aux travaux d’extension de l’école Alexandre Herlin, un institut d’enseignement spécialisé situé à Berchem-Sainte-Agathe », poursuit Bernadette Lambrecht. « Il s’agit d’un marché public de 15 millions d’euros. »

L’entreprise Gillion, candidate pour ce marché, aurait déposé plainte suite à une demande d' »enveloppe » de la part du fonctionnaire pour obtenir le marché. Par souci de discrétion, Y.T. serait passé par une intermédiaire, une ancienne employée de l’entreprise candidate.

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