Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez

Bouchez et Magnette en mode ‘boxeurs’ à Saint-Louis: «Puis-je rappeler aux étudiants que vous faites partie de la même coalition?»

Noé Spies
Noé Spies Journaliste au Vif

Au lendemain d’un 1er mai où Paul Magnette (PS) et Georges-Louis Bouchez (MR) ont souhaité ne pas être au gouvernement l’un avec l’autre, les chamailleries ont continué dans un débat universitaire à Saint-Louis (Bruxelles).

Les étudiants de l’Université Saint-Louis, à Bruxelles, ne pouvaient probablement pas rêver meilleure affiche pour leur grand débat, hier. Comme s’il s’agissait d’un match de boxe, les haut-parleurs de l’auditoire ont diffusé le classique ‘Eye of the Tiger’ avant l’arrivée des protagonistes. Les deux fighters du jour ont été salués par un public composé de jeunes socialistes et d’étudiants libéraux. Sur le ring, ni le président du PS, Paul Magnette, ni le président du MR, Georges-Louis Bouchez, n’étaient réfractaires à donner (et recevoir) quelques « droites ».

Comme on pouvait s’y attendre, les deux hommes ne se sont mis d’accord sur pratiquement… rien. Sauf sur la condamnation de la déclaration de Conner Rousseau (Vooruit) qui, à Molenbeek, ‘n’a plus l’impression d’être en Belgique’. Selon Bouchez, Rousseau a utilisé « le langage que le Vlaams Belang utilise dans ses tracts. Au moins, je prends les armes contre ce parti et j’engage un débat avec lui », a glissé le président du MR, en référence à l’émission Terzake dans laquelle Bouchez a débattu avec le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken.

Cordon sanitaire

« Le racisme n’est pas une opinion mais un délit »,  a répliqué Magnette. « En entrant dans un débat avec ce parti, vous le légitimez en tant qu’interlocuteur et banalisez son discours. Ce type d’extrémisme a conduit à la plus grande tragédie européenne de tous les temps et il risque de le faire à nouveau. Vous devez le combattre. » Bouchez se défend:  «Tu veux détourner le regard et t’en laver les mains. Mais si en 2024 le PTB casse les portes de la Wallonie et le Vlaams Belang en Flandre, ne venez pas pleurer sur la fin de la Belgique. »

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Selon Bouchez, Magnette a fait l’erreur d’essayer d’exposer le Vlaams Belang comme un parti raciste « alors que cela n’effraie aucun électeur et que les partis extrêmes, y compris le PTB, ne sont plus aussi stupides qu’avant. Dans leur programme, vous ne trouverez rien que vous puissiez leur reprocher. Ce que je fais, c’est reprendre le combat et montrer que le programme du Vlaams Belang signifierait la faillite de la Flandre ».

Revenu de base et taxe sur les 1% les plus riches

Il a également été question d’un éventuel revenu de base. Bouchez veut transformer les allocations de chômage et les revenus de remplacement en un revenu de base d’environ 1.000 euros pour tous. Magnette craint, lui, une érosion de la sécurité sociale, prévoit des coûts de « 40 milliards  » et « ne comprend pas pourquoi on donnerait 1.000 euros à des gens qui travaillent et sont bien lotis ».

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« Bien sûr, le travail doit payer, mais en taxant davantage la fortune des 1 % les plus riches, on peut donner 100 euros de plus à tous les salariés à faibles et moyens revenus. Bouchez réplique: « Tout le système que vous décrivez montre pourquoi il y a tant de pauvreté dans les régions où le PS est au pouvoir, comme le Hainaut. »

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« La N-VA n’est pas un parti d’extrême droite »

Un étudiant a voulu savoir pourquoi Bouchez est contre un cordon autour de la N-VA. « Parce que ce n’est pas un parti d’extrême droite« , lance Bouchez, non sans réaction du public. « Ohlala, j’entends les étudiants socialistes huer, mais le président qui a négocié le plus longtemps avec la N-VA est Paul Magnette. D’un gouvernement sans libéraux, d’ailleurs. »

Ce à quoi Magnette a répondu qu’il avait d’abord proposé un gouvernement sans la N-VA, « mais que les libéraux n’en voulaient pas! »

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 Les autres sujets évoqués ont été tout aussi crépitants, au grand amusement du public bleu-rouge. A la fin du débat, le modérateur Yannick Vanderborght, politologue à l’Université, a rappelé aux étudiants que les deux présidents sont dans la même coalition, wallonne et fédérale. Ce n’était pas une remarque superflue.

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